L’ART SAUVE DES VIES. PARTOUT. TOUT LE TEMPS.

OEUVRE #1

« L’art sauve des vies. Partout. Tout le temps. » est ma nouvelle démarche qui réunira une dizaine d’œuvres artistiques – principalement des films – dont le message que j’en ai tiré a été déterminant et à chaque fois, un vrai joyau qui a éclairé ma route et continue de le faire.

L’art est cet infini réseau routier sur lequel nous pouvons nous engager. Il nous raconte nos vies, nous éclaire et nous mène vers cette compréhension. Une étape clé qui nous munit de ce dont nous avons besoin pour avancer ou qui nous aide à laisser tomber ce dont nous n’avons plus nécessité. L’accès à l’art et à la culture est essentiel. Ne pas soutenir l’art revient à renier l’humanité.

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Pour chaque œuvre présentée, il y a une vidéo plus un article. Il n’y a pas d’ordre chronologique, c’est comme ça vient, comme je les retrouve.

Film #1

Il s’agit du film AMOUR, de Michael Haneke. Un film que j’ai vu – la première fois – dès sa sortie en Suisse, un film qui m’a bouleversée. Le couple d’acteurs – Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva – avec la participation d’Isabelle Huppert, est grandiose. Avec une délicatesse extrême et déterminée, ils vont donner une place au sentiment « amour » tout au long de cette tragédie.

Ce film m’a marquée et surtout m’a apporté une réponse que je cherchais à ce moment-là de ma vie. Une direction. Il y a plein de messages à extraire de ce film. Tout d’abord celui de l’amour qui n’a peur de rien. Ça beau être austère, douloureux, tragique, sombre… l’amour ne recule devant rien, il n’y a pas de passage qui soit trop étroit ou inaccessible à l’amour. L’amour est là, en nous, au milieu de la joie comme de la douleur, et ne demande qu’à être exprimé à chaque instant de notre existence. « Nous ne serons jamais épargnés des épreuves à traverser tout comme privés de l’amour pour y arriver. »

Le message de ce film qui me tient à cœur réside dans une réplique, en réalité. C’est elle qui m’a immédiatement décidée à acheter le dvd pour voir et revoir, écouter et encore. J’ai écrit parfois cette réplique dans mes cahiers, à la première page, pour y revenir à chaque fois que j’en ai envie.

Bien qu’elle soit simple et même naturelle, je n’arrivais pas à la trouver en moi. Ce film me l’a donnée.

Ce récit met à l’épreuve le sentiment d’amour en exposant une de ses facettes les plus douloureuses : accompagner l’être que nous aimons vers la fin, vers la sortie. La maladie s’installe dans le quotidien de ce couple octogénaire et c’est une vie, quasi, à trois qu’il faut réorganiser. Les habitudes ne sont plus les mêmes, les espaces et le temps sont employés autrement. L’amour va choisir, au milieu de cette nouvelle organisation, de garder sa place.

La réplique

C’est environ à 1h30 du film. A mon sens, c’est le point culminant du scénario, par rapport à ce qui se dit. C’est mon avis personnel. C’est lors d’un échange entre Jean-Louis Trintignant et sa fille Isabelle Huppert, un échange qui va très loin et qui a le pouvoir de remettre les choses à sa place. Chacun va exposer la souffrance de sa propre réalité et le dialogue conduira, pour finir, vers une espèce de soulagement. Voici l’extrait (environ 8 min dans le film, lien ci-dessous) :

  • Qu’est-ce qui passe avec maman ? Pourquoi tu ne décroches pas le téléphone ? Depuis notre dernière conversation, je t’ai laissé quatre messages sur le répondeur, pourquoi tu ne rappelles pas ?
  • Excuse-moi, je n’écoute pas les messages.
  • Tu ne peux pas te douter qu’on s’inquiète ?
  • Votre inquiétude ne me sert à rien. Non, ne le prends pas mal, ne le prends pas mal. Ce n’est pas une critique. Mais je n’ai pas le temps de m’occuper de votre inquiétude, voilà c’est tout.

  • Tu ne peux pas m’interdire de la voir.
  • Non…

  • J’ai été idiot de fermer la porte tout à l’heure. Excuse-moi, j’ai été pris au dépourvu. Je suis désolé

« Votre inquiétude ne me sert à rien. Je n’ai pas le temps de m’occuper de votre inquiétude. »

Comme je disais, selon moi, cette réplique est le point culminant du scénario. En exprimant cette phrase, Jean-Louis Trintignant protège son amour, sa sphère, avec clarté. Il indique ce qui compte pour lui et la manière dont il souhaite vivre cette phase de sa vie. Certes, cette réponse va blesser sa fille qui va légitimement revendiquer son droit de voir sa mère, également avec une détermination. Au bout de l’échange, il y a ce rééquilibrage, Jean-Louis Trintignant admet qu’il est allé trop loin, il est désolé et reconnaît le droit de sa fille, tout en préservant son intimité et ce qui lui appartient.

Certainement, cette réplique a la force de déclencher ce qui doit être vécu chez les deux protagonistes de la scène, avec sa dureté, cette déclaration va créer aussi beaucoup de bien en incluant et en prenant en considération toutes les réalités y compris le souhait d’Emmanuelle Riva de ne pas être vue dans son état. Ces mots sont durs et généreux à la fois car ils vont libérer l’autre en le déchargeant : sens-toi libre de ne pas t’inquiéter autant. C’est ton droit de ne pas t’inquiéter.

Pourquoi cette réplique m’a percutée ?

J’avais besoin d’entendre ça. Ça été l’ouverture d’un boulevard devant moi, pour ma conscience et pour continuer un chemin vers une paix intérieure. Elle est exprimée de façon élégante, saine et autoritaire. On ne peut pas ne pas comprendre cette phrase. On ne peut pas ne pas la respecter.

Elle m’a fait du bien en me soutenant dans mon combat, dans mon parcours. Se relever d’un abus exige à retrouver le sentiment « amour », sans ça, difficile de tenir. Les abus, en tant que sujet, malheureusement, trop tabou et trop peu débattu avec une réelle volonté de combattre ce mal, parviennent à éveiller beaucoup d’inquiétude – entre autres – chez l’entourage proche ou éloigné et dans la société en général. Souvent l’être humain pense qu’il rend service parce qu’il s’inquiète. Si en face, cette inquiétude est prise comme une limitation ou quelque chose envers laquelle il faudra être redevable, ça peut en réalité devenir un vrai obstacle ou un poids supplémentaire à porter au risque de passer à côté de qui on est.

Mon avis

Je pense qu’on devrait tous avoir cette réplique dans une poche car elle peut servir, dans la journée ou dans une vie. Quand on exprime une telle phrase parce qu’on veut protéger ce qui est « amour », parce qu’on veut vivre ce qui est «amour », alors elle peut déclencher la même envie chez l’autre, elle peut favoriser un meilleur équilibre et redonner la juste place aux sentiments de chacun. La juste place, ce n’est pas rien. C’est même beaucoup. Et c’est plutôt agréable comme sensation. Quand on la rencontre une fois, on ne peut plus ignorer qu’elle existe.

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C’était la réplique que je voulais partager. En dire plus, ça serait en dire trop. Tout le film est merveilleux. C’est joué avec une telle pureté. Un film à voir si ce n’est pas fait, parce qu’il donne une belle leçon d’amour. Il y a une société qui en a besoin de cette leçon… la nôtre.

Ce mot « amour », par rapport au contexte actuel de ce monde, de cette crise, et des inégalités qui durent depuis trop longtemps et qui sont davantage mis en lumière en cette période « covidienne », aurait à lui tout seul la force de tout régler, de tout rétablir, de tout rééquilibrer. Mais quelque chose l’empêche…

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Si le message de ce film vous a marqués, sentez-vous libres de partager votre ressenti, votre avis. Je serais très heureuse de le connaître. Pour ne pas manquer les autres vidéos de la démarche « L’art sauve des vies. Partout. Tout le temps. », abonnez-vous, tout simplement J Merci !!

Voici le lien vers la vidéo

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Le prochain film de ma liste est Forrest Gump et j’aurai une petite invitée. Elle a dernièrement vu cette toile et a envie de dire quelque chose. Elle se réjouit et moi aussi !

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Merci pour votre attention.

Portez-vous bien et à très bientôt.

Grace

Si nous avions plus de temps, nous prendrions ce beau raccourci vers l’amour…

Si nous avions plus de temps, nous prendrions ce beau raccourci vers l’amour… Et nous nous y retrouverions. Et nous y trouverions notre compte/conte. Nous en profiterions ensemble

C’est un passage effrayant, manifestement. Et puis, tellement de possibilités pour l’éviter, ce n’est qu’un raccourci. Il nous fait craindre quoi, dans le fond ? Probablement quelque chose que nous n’avons pas appris à vivre librement. Mais, puisque nous le sentons, c’est que ça vit déjà dans notre monde intérieur. L’appel est bien là. Et dire qu’il s’agit juste de faire quelques pas, d’ouvrir une porte, d’ouvrir un cœur.

« Un cœur ouvert en ouvre un autre, et ainsi de suite… »

Loup Chocolat, ce nom métaphorique, représente la grandeur de l’être humain. Son message est « le droit et le devoir de pouvoir continuer notre route vers ce que nous avons de mieux en nous, tout en portant notre sac ». Le porter avec ce sens de vouloir faire le plus de bien et le moins de mal possible, à partir de « ici et maintenant ». Comme le disait magnifiquement Léon Tolstoï : « s’il y a une science que l’Homme peut et doit savoir, celle de faire le plus de bien et le moins de mal possible est vraisemblablement la principale ». Nous créons des licences et des masters dans tous les sens, nous nommons et nous nous entourons d’esprit qui pensent pour nous mais nous ne parvenons toujours pas à cette science. Mais où est-elle ? Si loin ? L’avons-nous dépassée ? Juste à côté ? L’avons-nous évitée ? Et si elle était juste incluse dans notre diplôme d’être humain que nous avons tous reçu à notre naissance. Nous l’avons reçu à crédit, avec une confiance totale et une mention : « Sachez précisément qui vous êtes à tout moment ». Être humain, une aptitude qui nous définit et qui pourrait bien contenir la clé pour faire face à nos guerres, pour relever nos défis et pour gérer nos souffrances.

  • Ne plus tolérer que 820 mios de personnes meurent de faim est un acte humain,
  • Ne plus tolérer que des enfants ne parviennent même pas à se mettre debout pour faire leurs premiers pas en raison d’une mauvaise nutrition est un acte humain,
  • Ne plus tolérer que des personnes restent enfermées dans leurs souffrances et dans leur solitude est un acte humain,
  • Ne plus tolérer que la liberté d’expression et de création soient manipulée par un pouvoir lâche est un acte humain,
  • Ne plus tolérer que des gens n’aient pas un toit est un acte humain,
  • Ne plus tolérer que cette société contribue à son propre dysfonctionnement, créateur de conditions favorables à toutes formes de violences et de déviances est un acte humain,
  • Ne plus tolérer une intolérable répartition des richesses et des opportunités est un acte humain,
  • Ne plus tolérer…

Je défends – ou je rêve d’-  une société capable de trouver en elle cette dimension pour encourager le bien que chacun peut apporter ou créer pour ce monde, sans crainte. Une société qui choisit volontairement de ne pas nourrir la haine, le mépris ou l’insécurité, mais qui choisit de s’investir dans tout ce qui va et peut gêner ces sentiments destructeurs des qualités humaines. Le maintien et l’accroissement de telles inégalités et injustices ne sont possibles que si c’est piloter par des êtres corrompus, pervers et apeurés par ce qu’ils pourraient être de mieux. Il s’agit de donner la parole à « la Vie qui reste » afin de la mettre au service d’une évolution positive de l’humanité. Je doute que cette Vie nous demande de rester à l’écart de ce que nous pouvons être de mieux pour elle.

Au nom de quoi pouvons-nous empêcher un être humain d’apporter sa valeur à ce monde ?

Y-a-t-il un autre défi, que celui-là, que nous pouvons lancer à tout être humain libre dans notre société ?

Imaginez une société qui choisit d’aller dans cette direction, ça voudrait que les personnes qui la composent, misent sur cette grandeur déjà à une échelle individuelle. Des gens en paix, des gens conscients de leurs forces ou de leurs facettes antagonistes, des gens aptes à faire le meilleur choix pour eux et pour leur entourage.

« La meilleure formation qu’un esprit puisse accomplir est celle qui va l’amener d’un état de guerre à un état de paix. Ensuite tout peut commencer. »

Certes, des événements se produisent et nous déchirent ou tentent de nous blesser de façon définitive. Alors certains chemins se séparent et en retrouvent d’autres. Chacun de nos points de vue est légitime. Nous ne formons pas une chenille tous ensemble mais une constellation de voies, de sentiers battus et non battus. Chaque croisement est un petit bout de notre éveil. Toutefois, il y a une vue qui ne nous sera jamais retirée, barrée ou que sais-je, il s’agit de celle en direction de « l’amour », et ce, peu importe notre point d’ancrage, son accès est éternel.

Si vous avez perdu cette vue, c’est juste qu’il faut tourner un petit peu sur vous-mêmes… c’est par là que vous la trouverez à nouveau.

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