Le chemin qui a mené à la création de Loup Chocolat

C’est moi qui lui dois… <3

J’ai eu la chance de rencontrer dernièrement Suzette Sandoz, professeur honoraire de droit. Nous avons discuté longuement et ça a donné un partage passionnant, humain et magique, une rencontre magnifique, digne de ce que la vie peut vous apporter de plus beau quand vous ne vous y attendez même pas/plus… Nous avons parlé des valeurs que cette société est peut-être sur le point de perdre (ou est-elle en train de se perdre elle-même ?), je garde espoir, je m’y accroche, ce genre de rencontre prouve que ça en vaut la peine.

Dans son article publié ce matin sur son blog, elle a réuni les éléments qui racontent en partie mon histoire, comment Loup Chocolat est né, son ambition, sa vision… sa route qui ne cesse d’être passionnante et emplie de valeurs humaines à affirmer et à défendre.

Nous avons tous un rôle à jouer. Que chacun lance son dé et sort de sa case… Un monde plus juste, plus équitable, plus humain, relève de notre propre jeu. Je lui retourne donc ce titre « d’être humain exceptionnel ».

Un grand MERCI à elle.

Lien vers l’article

STAND UP WORLD, IT’S POSSIBLE

STAND UP WORLD, IT’S POSSIBLE

Quelle belle nouvelle !

LOUP CHOCOLAT porte une vision positive, constructive et plus humaniste de ce monde. C’est le monde à contre-courant… Oser partir dans l’autre sens pour retrouver paix, équilibre et humanité.

L’inverse de ce qui se passe chez les humains existe déjà. Lorsque nous sommes face à des situations qui éveillent colère, haine ou peur, nous possédons déjà l’envie, l’amour, la force et le courage pour rétablir et pour viser ce magnifique but que nous devrions partager : rendre cette humanité meilleure en JOUANT notre rôle d’exemple : un plaisir, un droit et un devoir à l’égard des futures générations

Oui, la vie peut frapper dur parfois. Une chose est certaine, ce qui reste en chacun après des événements difficiles, voire tragiques – et peu importe le rôle que nous y avons joué, la vie ne nous ôtera jamais la possibilité d’évoluer et de faire vivre le meilleur de nous tant que nous le décidons avec notre cœur – est précisément le « capital humain » qui peut contribuer à la reconstruction de notre propre Vie ou de la vie en général autour de nous.

Alors debout, l’œuvre est en cours et progresse. Nous sommes les artisans et les artisanes que ce tronçon de vie a désignés pour les défis et les étapes du « présent ». Ayons confiance en ce que nous choisissons de devenir.

Loup Chocolat Vision 

Our greatness, our diversity. Our diversity, our greatness.

La grandeur de l’être humain se trouve dans la création du lien entre les extrêmes

La grandeur de l’être humain se trouve dans le lien entre les extrêmes, entre les forces antagonistes. Ensemble, réunies, elles deviennent une force habitée par une paix terrible.

La beauté de ce qui arrive et que cela reflète la grandeur de l’être humain, celle à sa portée, celle qu’il détient, celle qu’il devra, sans plus attendre, atteindre sans crainte. On se rend bien compte du prix, toutes ces vies qui s’en vont, qui nous échappent. Des cortèges de cadavres qui ne partent pas sans laisser un message.  Et puis, il y a ces vies qui prennent des risques – sans compter – par engagement, par amour, par passion, par volonté d’y arriver et de vaincre l’ennemi, par volonté de rester debout et de faire valoir notre droit à une Vie simplement heureuse. C’est la réanimation de l’humanité avant tout qui est en train d’avoir lieu. Car elle était en manque de souffle… C’est bien le confinement, cette nécessité de prise de distance qui parviendra à toucher – paradoxalement – le cœur de la Vie.

Le renoncement à un petit bout de profit, c’est maintenant.

Créer le lien c’est renoncer volontairement à être uniquement et seulement l’une ou l’autre de ces forces antagonistes, de ces facettes qui définissent l’être humain, magnifiquement imparfait. Ce lien permet de reconnaître et ses besoins pour exister. Tout le monde y gagne en laissant émerger une nouvelle vision du monde. Une catastrophe comme le Coronavirus ne nous laisse plus le choix. Ce lien devient vital. Les plus puissants, les plus matériellement privilégiés doivent renoncer à un petit bout de profit, car face à des gens exceptionnels qui se montrent prêts à se donner sans limite, pour ne pas passer à côté de cette vie qui reste, le geste nécessaire n’est pas un autre que celui de renoncer à un petit bout de profit. Et peut-être même qu’il n’y a rien de plus facile à faire que ça. Agir dès à présent sur les extrêmes, c’est déclencher le mouvement pour une meilleure répartition des richesses et des opportunités et, pourquoi pas, une libre circulation des bons sentiments.

Il faut des ressources, il faut des moyens. La bonne nouvelle est que les ressources sont là, les moyens sont là.

« Ce ne sont ni les moyens ni l’argent qui manquent à ce monde pour avoir une meilleure allure mais des Hommes qui ne craignent pas de vivre leur grandeur.  C’est une absence que nous payons cher chaque jour… Dépasser la crainte c’est faire de cette absence une présence qui apporte de la valeur à ce monde. Chacun de nous peut être un bout de cette présence. » Mamma Louve

Là où tout est tassé, il faut libérer, il faut laisser couler. Personnellement, c’est ainsi que je l’interprète cet événement majeur et exceptionnel que nous traversons. Les plus forts resteront les plus forts, et nous en avons besoin. Mais le plus important est que cela permette à chacun d’avancer dans sa propre Vie, de parcourir ce bout de route dans la dignité humaine. C’est terminer de tolérer les pires injustices, les inégalités. Ça doit rester derrière dorénavant. L’écho de toutes ces vies emportées résonnera en nous définitivement.

Tous confinés et pourtant, notre tour du monde n’est pas confisqué…

Le seul voyage possible est celui qui nous fait visiter notre monde intérieur, se rencontrer, se retrouver, se parler, se comprendre. En tant qu’individu, que collectivité, qu’entreprise, le but est d’aller chercher cette dimension qui va contribuer à garder ou (re)mettre ce monde debout. Enfin l’effondrement est arrivé, peut-être le merveilleux, celui qui nous invite à une prise de conscience historique et déterminante pour l’avenir des futures générations, celui qui redonne sa juste valeur à la Vie.

Le plus il y a d’êtres humains en paix, le plus le monde est en paix.

Et c’est seulement à partir de cet état d’esprit que la règle « faire le plus de bien et le moins de possible » peut s’appliquer et porter ses fruits à travers le monde. Mettre cette paix en place dans chacun de nous est ce qui construit la paix dans le monde. Il n’y a pas d’autres direction. Toutes les conditions sont réunies pour que la Vie nous adresse aujourd’hui ce défi, un défi servi comme seul et unique « plat du jour ». Il se renouvelle quotidiennement, et tout ce que nous savons, c’est que nous allons le déguster encore quelque temps. Une forme de régime imposé, mais dans le fond, il fallait certainement autant de contraintes et de restrictions – comme ingrédients – pour (r)éveiller l’excellence en nous, pour faire bouger et évoluer les idées malheureuses ancrées dans les esprits.

« POUR UN MONDE LIBRE D’ÊTRE RESPONSABLE ET CREATEUR DE SON BONHEUR »

Telle est la vision de Loup Chocolat depuis sa création, en 2006.  Je ne vais pas aborder la route et les expériences vécues dans ma vie pour en arriver à cette création, je le ferai dans d’autres articles car il y a plein de choses à raconter.

Dans Loup Chocolat le sac n’est qu’accessoire, c’est le cas de le dire… Le message doit précéder tout médium.

Transformer et améliorer la vie des gens en les amenant à prendre conscience que leur grandeur, leur évolution est un droit, un devoir.

Si Loup Chocolat était un label pour entreprises et sociétés, il serait le seul à renvoyer chacun à sa propre conscience. Personne ne peut y accéder à part soi-même. C’est exclusif, précieux et ça compte tellement.  Notre pensée est la première chose que nous mettons sur le marché, elle a un impact direct et influent sur nos vies. On a vu et on continue de voir circuler tellement de labels dans tous les sens, mais la plupart reposent sur un modèle lucratif. Chacun peut mettre du riz bio dans son caddie et avoir une mauvaise intention ensuite, c’est techniquement possible, et d’un autre côté, quelqu’un peut ne rien posséder mais avoir un esprit qui pense « altruisme » par réflexe, un muscle actif en permanence. Loup Chocolat responsabilise et rend libre : agir en faisant de son mieux, mais surtout, agir.

L’accès à notre conscience, choisir d’avoir des intentions positives sont la première chose qui peut vraiment contribuer à la construction d’un monde meilleur.

Et c’est pour ça que les grandes entreprises, les organisations majeures ont un rôle principal à jouer, aussi en guise d’exemple. Mais dans le fond, tout le monde a un rôle à jouer. En jouant ce rôle avec sincérité, le gain est d’aller soi-même vers sa grandeur. A chacun d’avancer dans cette direction.

On ne fait pas évoluer les sociétés en éveillant un sentiment de dégoût, de haine ou de colère, on fait évoluer les société en éveillant le sens des responsabilités à l’égard des dysfonctionnements. Difficile d’avancer sans accéder à cette compréhension.

L’aspect positif est qu’il y a plein de choses qui fonctionnent, cela signifie que les ressources, les capacités, les compétences sont déjà là. C’est la crainte qui doit disparaître et être remplacée par la volonté.

Cette prise de conscience doit rester un accès libre pour tout le monde à chaque moment de la vie. Le chemin est différent pour chacun de nous. Il n’y a pas de parcours ou d’êtres humains parfaits. Il n’y a pas de faux chemin quand on choisit de partir, dès à présent, avec une bonne intention en faveur d’une humanité meilleure. Ce sont nos enfants les accompagnateurs. L’enfance du monde est le moteur.

A chacun sa grandeur. Un droit. Un devoir.

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Le seul être humain qui peut nous sauver c’est nous-mêmes. Alors ôtons maintenant tout ce qui a pu le cacher jusqu’à présent. Le plus nous allons rencontrer cette grandeur au fond de nous-mêmes, le plus nous prendrons possession des ressources nécessaires pour surmonter ou dépasser chaque obstacle. La force est dans notre histoire.

L’amour traverse de continent en continent, de pays en pays, de ville en ville, de maison en maison, sans bagage et sans papier. Il est bien plus libre que ça.

Elena Ljuba JANDEL

L’alarme pour le renoncement à un petit bout de profit sonne aujourd’hui, très fort… Passer du duel au duo, créer le lien entre les extrêmes, c’est beau, utile et nécessaire. Ça recadre l’humain dans toute sa splendeur, dans tout ce qu’il sait être de mieux.

Loup Chocolat est et restera toujours l’avenir, car il croit en l’être humain volontaire de devenir meilleur.  Qui sommes-nous pour ne pas viser ce but ?

Notre grandeur, notre diversité. Notre diversité, notre grandeur.

 Notre grandeur, notre diversité. Notre diversité, notre grandeur.

Qu’y a-t-il après une tragédie si pas un chemin vers l’évolution ?

Les administrateurs du groupe Comité de soutien à Bertrand Cantat ont travaillé pour professionnaliser un documentaire qui réunit simplement la parole de tous les magistrats qui ont, d’une manière ou d’une autre, pris l’affaire en main. L’enjeu pour la société est important après de telles épreuves : il s’agit de la lutte contre la violence, les abus, dans toutes leurs formes. Transformer, modifier les dires qui ont été actés par des juges au vu d’en faire une tragédie lucrative ne sert en rien du tout la réelle lutte contre la violence. Au contraire, cela parvient uniquement à diviser et à semer haine et colère à l’infini, une atmosphère propice à tous dérapages d’êtres humains. Une régression. Le but n’est pas de tolérer ce qui s’est passé mais de réfléchir de façon honnête et courageuse afin de réduire, voire d’empêcher tout nouveau cas.

Qu’y a-t-il après une tragédie si pas un chemin vers l’évolution ?

Je ne comprendrai jamais comment lyncher une personne peut procurer un sentiment de bonne conscience, un sentiment de lutter contre la violence.

C’est triste et c’est un gaspillage de devoir investir de l’énergie pour prouver une manipulation, une déformation des faits. Une histoire déjà tragique qui se transforme en tragédie lucrative, dont certains profitent. Mais où est la lutte contre la violence ? Tout devrait, au contraire, commencer par un renoncement à un petit bout de profit, ça se passerait naturellement beaucoup mieux…

ON NE VIOLE PAS LES FEMMES, ON N’ABUSE PAS DES ENFANTS, ON NE PORTE PAS DE COUPS MORTELS (ou de coups tout court) sur qui que ce soit. C’est certain. Mais ces choses terribles arrivent effectivement sur terre. Cela signifie également que c’est sur terre que l’on peut réussir à les arrêter, du moins, autant que possible. Les ressources pour renverser la situation nous appartiennent déjà.

Un monde sans violence, un monde qui ne soit pas complice de déviances et de dérapages passe par une évolution des sociétés et donc par une évolution de chacun de ses membres. Une remise en question. Un dialogue. Un débat. Des rencontres. Une prise de conscience sur comment nous y contribuons collectivement. Reconnaître comment nous nourrissons ce dysfonctionnement et ne plus lui donner à « manger ». Choisir l’évolution c’est dire non à la régression. C’est montrer à nos enfants que le meilleur existe si on choisit de le faire exister. Un choix de direction à faire…

Bertrand Cantat a vraisemblablement perdu sa valeur aux yeux de milliers, voire de millions de personnes. Et il ne s’agit pas de contester ceci. C’est une donnée qui fait partie de la réalité. Mais l’inverse est tout aussi vrai et vivant. Et heureusement qu’il en est ainsi. Prendre conscience et accepter qu’une personne n’a pas pu blesser à 360° est une clé qui devrait ouvrir la porte de la libération. Une étape cruciale pour chacune des parties impliquées dans un drame.
Plein de gens continuent à aimer cet homme, cet artiste, cet ami. Ils sont des milliers, voire également des millions qui continuent à apprécier en lui ces multiples facettes qui composent son talent. Un talent qui a réussi à rassembler autour d’un message, d’une sensibilité et d’une musique une foule de personnes. Ce public-là choisit de ne pas oublier ce que Bertrand Cantat réussit à procurer comme bons sentiments par le biais de son art. Ce public-là répond présent pour continuer à soutenir cette face non condamnée et non condamnable. Les motivations qui poussent les gens qui forment ce public à rester sont aussi nombreuses que diverses et elles appartiennent à chaque être humain. C’est le pouvoir des vies qui se rencontrent à des moments précis, jamais par hasard. C’est la diversité des angles de vue.

Pour ma part, en 2003, l’annonce de ce drame avait tout d’un fait divers. Je ne suivais pas particulièrement le groupe Noir Désir. Je connaissais les morceaux à grand succès, je les écoutais avec plaisir à la radio. En revanche, le fait de recroiser cette histoire humaine et de constater comment certains mouvements ou médias œuvrent pour empêcher un homme de se réinsérer – il n’est ni un fugitif, ni un impuni – fait sonner l’alarme chez moi en réveillant des valeurs profondes que je défends peut-être même passionnément. Ça fait appel à une vision de société que je défends. J’ai moi-même mené mon combat, beaucoup d’années se sont écoulées et j’ai vu mon regard changer chemin faisant. Une chose est sûre, c’est que pour sortir de la colère, de la haine, du dégoût, de la honte… il ne faut pas rajouter une couche, ou plusieurs, de ces mêmes ingrédients, il faut faire quelques traversées et aller chercher autre chose, plus loin, plus profond. Il n’y a pas mille choses qui vont fonctionner, il n’y en a qu’une : accepter les faits et quitter la guerre par amour. Peu importe ce que les autres pensent.

Je ne crois pas à cette idée ou question que l’on entend tout le temps : faut-il séparer l’homme de l’artiste ? A mon sens, non. La vie est une addition de pas, et pas une soustraction. Et c’est en incluant chacun de nos pas dans notre bagage que l’on se doit de continuer la route en devenant ce que nous pouvons être de mieux, au fur et à mesure. Notre propre évolution est un droit autant qu’un devoir. Cette dimension nous la possédons et c’est sur elle qu’il faut miser. C’est elle qui peut nous éclairer et nous conduire vers plus de compréhension. La case de la compréhension est libératrice et, par conséquent, incontournable pour pouvoir avancer.

Il y a dans ce documentaire une déclaration de Bertrand Cantat dans laquelle réside tout, selon moi. C’est quand il dit : « Je n’accepte pas moi-même d’avoir levé cette main. Jamais, jamais, elle n’aurait dû se lever. » La force de cette déclaration est que si elle devait ne pas être sincère, elle se retournerait forcément contre lui et éventuellement ses proches. La vraie et infinie facture à payer est probablement celle de vivre libre avec ce geste à porter avec et en soi. A Bertrand Cantat de trouver, cet être humain en lui qui inclut tout ce qu’il a été, tout ce qu’il est et tout ce qu’il peut devenir. Au nom de quoi la société peut-elle empêcher un être humain de poursuivre ce chemin ? Nous sommes des citoyens imparfaits, des victimes et des bourreaux à la fois, au quotidien. C’est ce qui crée l’opportunité de grandir après chaque épreuve.

Qu’est-ce que la société attend d’un citoyen ? Et qu’est-ce que la société attend d’un citoyen qui aurait effectivement commis une énorme bêtise pour laquelle il a purgé la peine infligée ? N’attend-elle pas de cette personne qu’elle s’implique et s’engage à rester du « bon côté » ? Oui, c’est ce que la société attend et c’est ce que la société donne comme « devoir » à ses citoyens libres. Et c’est évident qu’atteindre ce but passe par la vie sociale et professionnelle.

Barrer cette route relèverait d’une hypocrisie monumentale de la société, elle-même. De quoi sommes-nous effrayés dans le cas présent ? Qu’un artiste passe deux heures de temps avec son public ? Qu’ils vivent ensemble un bon moment ? Qu’ils se remplissent de bons souvenirs, des souvenirs qui peuvent à tout moment déclencher de belles actions ou donner lieu à des inspirations ? Sérieusement ça nous fait peur ? Ce rendez-vous ne concerne que l’artiste et son public.

JE PENSE SINCÈREMENT QUE, SANS L’ART, CE MONDE N’EST PLUS RIEN DU TOUT.

Je sais et je respecte que certaines personnes décident de ne plus croiser la route de Bertrand Cantat. Mais ne nous trompons pas. N’allons pas vers la régression en refusant d’accepter la diversité des angles de vue qui composent notre humanité. Acceptons cette diversité, cette richesse, respectons la liberté de chacun et investissons plutôt l’énergie pour se rapprocher de ce même but visé : réduire et éliminer les violences.

Ne pas réussir à accepter la diversité des angles de vue qui découlent de nos vécus et histoires respectifs fera de nous les créateurs de la GRANDE TRAGÉDIE DE CE MONDE. Y a mieux que ça, non ?

Le renoncement volontaire : l’altruisme à la portée de tous


Voici un court article que j’ai écrit il y a quelque temps – mais qui se marie plutôt bien avec l’actualité – et qui explique la base de ce que j’appelle le « renoncement volontaire ». Un geste qui s’apparente à l’altruisme constructif, celui qui est à la portée de tous, qui sert la création et le maintien d’un meilleur équilibre et qui peut combattre les inégalités et les injustices.

C’est Donnant donnant


Cet équilibre, quand il existe chez chaque être humain, contribue ensuite à l’équilibre global. Inversement, lorsque les acteurs politiques, économiques et sociaux affichent une volonté claire et assume une responsabilité à l’égard de l’amélioration de la qualité de vie à une échelle individuelle, alors, « ces citoyens du monde » pourront donner ou faire vivre en contrepartie leur grandeur, évidemment bénéfique pour le monde et les civilisations que nous sommes.
C’est comme un jeu, il s’agit d’agir sur les extrêmes pour déclencher un mouvement et une circulation de biens et d’opportunités.


***
Extrait :

Le principe est simple : « en tant qu’acteur économique important, je profite du monde privilégié. Or des défis sont là, au niveau planétaire, et je me sens concerné. L’objectif est de rendre ce monde plus équitable, plus juste. En renonçant à un tout petit bout de mon profit quotidien, je le mets au service de projets dont le but est d’encourager l’être humain en général, des communautés, des populations à aller vers plus d’autonomie, d’indépendance, sans crainte, en confiance et avec détermination. Dès lors, mon expérience d’acteur économique important sert ce monde qui devient plus juste, plus grand. Je continue de profiter de ce monde. »

https://www.linkedin.com/pulse/le-label-loup-chocolat-renoncement-volontaire-maria-grazia-paparone

Katmandou, Bhaktapur, I love you !

Katmandou, Bhaktapur, I love you !

Le Népal et le Vietnam ont été les pays qui ont donné naissance à Loup Chocolat. C’était déjà en 2006, comme le temps passe. Je n’oublie rien. Dans mon futur recueil de textes et de nouvelles, plusieurs seront dédiés à ce voyage et notamment au Népal. Deux pays que j’ai adoré et qui m’ont procuré quelque chose de magique. La production de mes sacs est bien au Vietnam et ça a été merveilleux de mettre ça en place. Évidemment, le défi n’est jamais fini et ça continue… Faites un petit tour sur le site web si le cœur vous en dit.

En cette période de l’Avent :), j’ouvre une porte qui vous invite à découvrir un récit d’une de mes expériences de ce voyage en 2006… Je partage ci-dessous un extrait d’une de mes lettres que j’avais adressée à une amie en Suisse, Sabrina. Je lui raconte un petit bout de ce Népal…

« Hello ma belle,

Ici c’est un endroit magnifique, les gens vivent, mais ça se passe à l’intérieur d’eux-mêmes, ça se sent très fort. Oui, il y a de la pauvreté, c’est un fait, mais il y a beaucoup de richesses aussi, c’est prestigieux le Népal ! C’est plein de touristes heureux dans la rue! Peut-être en raison de tous ces sommets qui entourent ce pays et qui représentent un défi dans leurs yeux, dans leur cœur, dans leur vie… Certains en sont revenus, d’autres se préparent au départ.

…Je suis très attirée par la pierre jaune, l’ambre. Il semblerait qu’il s’agisse de la terre et du vent… j’associe ça à la responsabilité et la liberté. Oui, je me sens devenir responsable de quelque chose, tout en étant sereine envers moi-même. Je fais plein de connaissances, les gens s’approchent facilement, je ne passe presque pas de soirée seule. C’est aussi un signe très positif pour moi. Et en fait, j ai eu une aventure, avec un très beau black, qui est là pour enseigner l’anglais…son nom Zaccheus, j ai passé du temps avec Aurélien dans les CyberCafés, trés sympa et drôle, j’ai rencontré un israélien, Eyal, un mexicain, Oscar, des filles de France, et aussi une suissesse qui travaille comme médecin à Martigny ou Sion, je ne sais plus.

…J’ai vécu quelque chose de spécial l’autre jour avec un enfant, je m’en souviendrai pour l’éternité, je crois. En fait, il m’a fait rencontrer la mère en moi. Je t’explique…

Je suis allée à Bhaktapur samedi dernier avec l’israélien d’ailleurs. Un village perché sur la montagne à 1400m environ. C’est un endroit magnifique, il y a une énergie belle et rare, tout est scénique, d’une ambiance pacifique incroyable. Je n’ai vécu et reçu que de belles choses toute la journée. Mais voilà, en marchant, tout d’un coup devant moi (nous), un petit bout, pas plus haut que trois pommes… il marchait seul au milieu de la route, et pleurait, criait. Autant pour les gens d’ici c’est une scène habituelle, moi ça m’a appelée, ça m’a retenue…
Peut-être il savait marcher que depuis quelques jours, et il était seul… tout en pleurant, il ne renonçait pas, ça se voyait, c’est ce qu’il dégageait, personne ne pouvait l’arrêter, c’est comme s’il tentait le tout pour le tout. Je me suis arrêtée vers lui, je me suis baissée pour le regarder dans les yeux, et j’ai pensé qu’il devait avoir faim. Comme on avait un bout de cake, on le lui a donné. Il l’a pris, il a arrêté de pleurer, mais ne le mangeait pas. Ensuite de mes mains, j’ai pris un morceau de ce cake pour le diriger vers sa bouche, et il était content… moi ça m’a profondément touchée. Parce que je me suis dit encore une fois, il sait marcher, peut-être depuis quelques heures, mais il cherche, il veut cette main qui se dirige vers sa bouche, le cake ne suffit pas… Voilà l’histoire.
Alors je l’ai un peu nourri avec mon geste, mais lui il a
déplacé des montagnes dans ma vie, c’est sûr. C’est comme s’il avait balayé une crainte en moi avec son attitude déterminée à poursuivre sa route pour trouver cette main prête à se tendre vers lui.

C’est fou, un petit bonhomme, je ne connais pas son nom, je ne sais pas d’où il venait, je sais juste qu’il allait… La Vie le lui avait déjà enseigné, la Vie c’est d’aller, là, vers l’avant
… »

L’EXTRAIT EST TERMINE. LE RELIRE, C’EST LE REVIVRE. J’AI L’IMPRESSION QUE J’Y RETOURNE BIENTÔT DANS CE PAYS 😉

Un reportage qui signe un échec misérable de la société

« ENQUETE EXCLUSIVE SUR LE CAS CANTAT », UN REPORTAGE QUI SIGNE UN ECHEC MISERABLE DE LA SOCIETE.

Ça m’a pris du temps pour rédiger cet article. Il y a une partie de cette société qui « tue » cette liberté d’expression, cette liberté d’être humain. Ces quelques jours m’ont été nécessaires pour m’avouer à nouveau que c’était mon droit de m’exprimer et que je n’avais rien à craindre à être humain. J’utilise volontairement ce verbe « tuer », qui va peut-être choquer dans ce contexte, mais faire de Vilnius un cas utile pour la prétendue lutte contre les violences conjugales, ou un cas qui nous auraient révélé je ne sais quelle clé de compréhension, un cas qui nous aurait appris que l’Homme peut dévier, déraper, péter un câble, tuer, n’est qu’une immense escroquerie et une grosse manipulation. C’est choisir de tirer profit de la peine des autres au détriment d’une évolution positive de l’humanité. Lorsque la société ou un pays détruit cette possibilité d’évolution, elle maintient et renforce une guerre, celle que nos enfants hériteront. C’est lâche.  

J’ai survolé ce documentaire, un lynchage médiatique, du voyeurisme, une vraie incitation à la haine envers une seule personne. Une intention collective et volontaire de détruire un être humain. Une organisation de la destruction… Je ne sais pas si une civilisation pourrait faire sciemment pire. Malgré la concentration de ces sentiments, ils ne m’ont pas atteinte. J’ai perçu ce document comme « un échec de notre société ». Une absence de vision humaniste, des propos qui – selon moi – ne servent pas beaucoup, voire pas du tout, la lutte contre les violences conjugales ou toute autre forme de dérapage humain. Je vais tenter d’expliquer pourquoi, en toute sincérité et sans haine.

En tant que femme, en tant que mère, je maintiens à 100% ma position pour le retour de Bertrand Cantat, pour son droit à exercer son métier d’artiste, pour que son œuvre puisse continuer dans la forme qu’il choisira de lui donner, pour son droit à repartir dans sa Vie et évoluer à travers elle, pour le droit de son public à profiter de son art. J’aimerais souligner que ce point de vue n’est pas toujours facile à partager en raison de l’attaque gratuite et systématique qui tend à culpabiliser les gens appréciant encore et toujours une valeur certaine chez Bertrand Cantat. Parfois, ce sentiment peut être très inconfortable jusqu’à se demander si on n’est pas en train de prendre un risque pour soi-même. Tout ça découle en partie de la non volonté de sortir de cette case « haine » de la part de certains médias. Cela dit, je sais qui je suis et je tiens à défendre cette place en précisant encore une fois qu’il est tout à fait possible d’aimer et d’encourager cet artiste tout en

  • Luttant contre les violences conjugales ou autres abus,
  • Comprenant et en respectant que certaines personnes n’adhèrent plus à sa valeur,
  • Exprimant la plus grande et sincère compassion à l’égard de toutes les personnes ayant été blessées de façon définitive par cette tragédie.

Chacun trouve sa place dans cette constellation que nous formons en fonction de son parcours de vie et de ses valeurs et c’est à partir de ce point que chacun peut apporter son unique contribution pour une meilleure humanité. C’est la beauté de notre diversité. Je serais très lâche et malhonnête envers ma propre Vie et ce qu’elle m’a enseigné si je me positionnais autrement juste par « commodité », pour être avec une majorité ou par crainte d’assumer mes convictions. C’est mon habitude de rester fidèle à moi-même.

Un artiste italien dit « ne crains jamais de rater un tir au but, ce n’est pas à partir d’une telle particularité que tu seras jugé, un vrai joueur, tu le reconnais à son courage, à son altruisme et à sa fantaisie ». L’artiste est Francesco de Gregori. Le foot est une magnifique métaphore, grâce à son langage universelle et populaire, pour parler de la Vie – ce temps de jeu qui nous est donné. Jouer en étant soi-même ET en sachant de quel côté est le but à atteindre…

***

UNE VISION HUMANISTE

Personne n’est venu sur terre pour accomplir un parcours sans faute et nous appartenons tous à cette catégorie d’Êtres humains pouvant déraper à tout moment…

Créatrice de Loup Chocolat, l’idée de ce nom – sous forme de métaphore – est de prendre conscience des extrêmes qui définissent notre grandeur et à partir de là, (re)partir vers ce qu’il y a de mieux en nous à chaque fois que la Vie nous le propose ou l’impose afin d’apporter notre meilleure contribution à ce monde. Un monde en paix n’est rien d’autre qu’un ensemble d’êtres humains voulant la paix.

Bertrand Cantat a tout fait pour récupérer son droit à reprendre sa Vie là où elle était restée. Pouvoir faire face à ce qui reste devant nous en portant notre valise est un droit tout comme un devoir que je défends. Je pense que c’est en ouvrant volontairement l’espace à cette dimension, autant chez un être humain qu’au sein de la société, qu’une évolution nous attend. Une évolution belle et utile à laisser à nos enfants. La lumière que Bertrand Cantat a su attirer est une réponse à son talent. Il n’y a pas d’amour à jeter sur cette terre, l’amour entre cet artiste et son public était déjà une valeur avant et reste une valeur certaine aujourd’hui. Un besoin qui continue pour tout un monde qui l’admire, un monde légitime.

J’aime voir les choses sous cet angle de vue. La force d’une histoire humaine est qu’elle peut en impacter une autre, juste parce qu’elle est comme elle est, déclencher de bonnes choses et ainsi de suite… Au nom de quoi pourrions-nous stopper cette fluidité, le courant de nos vies ? Nous passerions à côté des plus belles et nécessaires choses à réaliser.

Humaniste mais pas laxiste
Je vois l’humanisme comme un mélange d’indulgence et de fermeté avec un encouragement à la paix et à vivre notre grandeur.

Dans l’idéal, chaque personne qui fait du mal doit payer. Or, nous savons que ce n’est pas le cas et que ceux qui payent, payent également pour d’autres et certains ne payeront jamais. Difficile de renverser cette tendance, alors ne pourrions-nous pas nous en servir et voir comment cela pourrait nous aider à grandir ?

La société est certainement un complice de tous nos dérapages en raison de tous ces sentiments difficiles que nous absorbons tous les jours et qui découlent des injustices, des inégalités, d’une mauvaise répartition des richesses et des opportunités… Un climat qui nous charge et surcharge constamment de révolte et qui peut activer ces zones de notre monde intérieur qui sont celles capables de toucher à l’extrême. Nous les avons tous ces zones. Et quand l’acte se passe, l’être humain est déconnecté de tout ce qu’il peut être d’autres que ce qu’il est à ce moment précis (quand l’acte n’est pas prémédité). En d’autres termes, le plus et le plus vite dans notre vie, nous prenons conscience des facettes, des polarités qui nous constituent, le plus nous serons à mêmes de faire les meilleurs choix pour nous-mêmes et pour notre entourage à tout moment.

Le Mal est en chacun de nous, et la valeur d’un homme se juge à la façon dont il défie ce mal.
David Gemmell

Tant que nous sommes en vie, cette phrase nous concerne.

Lorsque nous sommes face à un cas comme celui de Bertrand Cantat, qui, après le drame, a suivi une trajectoire incontestable sur le plan judiciaire et qui est un grand artiste avec une valeur certaine, nous sommes probablement face à un cas qui est là pour nous faire grandir. Et ça passe peut-être par un chemin que nous n’avons pas connu dans notre histoire jusqu’à présent. Lorsque j’entends : « nous n’avons jamais connu ça, jamais un criminel n’est remonté sur scène… », je me dis deux choses :

  • Ce n’est pas parce qu’on ne l’a pas connu avant qu’aujourd’hui ça ne serait pas, justement, une route qui pourrait nous faire évoluer,
  • Bertrand Cantat n’est pas juste un homme qui a commis un crime, Bertrand Cantat a apporté de la valeur et a fait du bien à des millions de personnes avec son talent et son inspiration, il est un homme engagé qui a toujours pris position contre les inégalités. Ensuite, il a dérapé, il est devenu auteur d’un crime, en effet, il a payé la facture que la justice a prononcé, il est aujourd’hui libre et toujours maître d’un art qui ne prône nullement la violence, bien au contraire… Et tout le paradoxe est là, c’est qu’il peut certainement apporter encore à son monde, son public, un bout de ce dont il a besoin, pour permettre à des milliers gens d’aller mieux. Voilà, qui il est.

Rester sans grandir face à cette situation serait vraiment dommage. Alors de mon point de vue, comme je pense que la société joue un rôle de complice dans tous les dérapages, je parle en général, peut-être ne devrait-elle pas arracher une tranche de cette erreur, parce que ça lui revient, et laisser à nouveau ce bout de ciel bleu au-dessus de Bertrand Cantat ? Ce bout de ciel bleu, qui n’a pas dit son dernier mot, lui appartient. Ce qu’il a à dire est certainement très précieux pour toute l’humanité. Évidemment, il n’y a plus de place pour un dérapage. Lorsque l’irréparable a été atteint, la deuxième chance se profile avec beaucoup de contraintes, et c’est normal. C’est là où prend place la fermeté. Mais ne pas donner vie à cette deuxième chance, c’est privé toute une époque de l’accès à une compréhension qui pourrait nous emmener bien plus loin de ce qu’on pense.

Chaque être humain est une valeur précieuse, la vivre est un droit fondamental jusqu’au bout, tout en portant sa valise.

UN DOCUMENTAIRE QUI APPAUVRIT LA SOCIÉTÉ

Je ne vais jamais dire que ce n’est rien ou pas grave ce qui s’est passé. Il faut toujours être deux pour que ça arrive. Chacun des protagonistes a joué son rôle, deux êtres émotifs, excessifs, flirtant avec certaines limites à cette époque-là de leur vie, probablement. Très aimés et adulés par leur public respectif, une tragédie qui a touché un nombre très élevé de cœurs et d’esprits. La vérité la plus intime leur appartient. La responsabilité « entière » de cette issue tragique incombe à Bertrand Cantat. C’est ce qu’il a déclaré, assumé, il a été jugé pour ça, a purgé la peine infligée en refusant toute dérogation. Une procédure incontestable sur le plan judiciaire. SI CHAQUE PERSONNE QUI FAISAIT DU MAL OU COMMETTAIT UNE ÉNORME BÊTISE SUIVAIT CETTE MÊME TRAJECTOIRE, LE MONDE SE PORTERAIT BEAUCOUP MIEUX. La cause de toute injustice ou de tout déséquilibre qui perdurent dans notre monde n’est pas au niveau des personnes qui ont payé, mais au niveau de ceux qui ne payent pas et/ou qui ne comptent pas arrêter de donner des coups. C’est par là, que devrait être dirigé l’objectif de la caméra…

Plusieurs éléments m’ont interpellée, déçue, parfois choquée dans ce reportage, je vais en « contre-attaquer » quelques-uns avec comme intentions mon désir et mon engagement de ne pas laisser juste passer ces tirs, si facilement, de m’exprimer en tant qu’être sensible et passionnée et de jouer en direction du but d’un monde meilleur.

ON COMPTE « LES ANNÉES DEPUIS VILNIUS » MAIS ON NE DONNE TOUJOURS PAS NAISSANCE AU VRAI COMBAT…

C’était dans l’énoncé de l’émission : « les violences faites aux femmes sont en constante augmentation, M6 a mené une enquête exclusive sur le cas Cantat… ». Est-ce une défaite que vous annoncez ? Je ne comprends pas le raisonnement qui pousse à revenir sur un cas qui date de seize ans et qui est passé dans les mains de la justice alors que le vrai problème est au niveau de tous ces cas qui « fuient » et restent insaisissables par l’institution judiciaire. On trouvera toujours plus d’horreur dans l’horreur. Ce n’est pas un défi en soi, rien de glorieux, c’est facile et ça ne mobilise en tout cas pas l’intelligence humaine. C’est juste une façon « efficace » pour ne pas se poser les bonnes questions, celles qui gênent et dont les réponses guideraient vers les vraies causes responsables des dérapages humains. Atteindre cette compréhension, c’est donner naissance au vrai et juste combat. Passer à côté, c’est afficher un manque de courage pour aller identifier et faire face à ce dénominateur commun aux déviances, un ingrédient servi chaque jour par la société. Cela revient à masquer lâchement la non efficacité de la prétendue lutte actuelle et d’y trouver « son compte » dans une telle action.

Ce n’est qu’une orientation tournée vers le profit et la perversité qui ont pu motiver la création et la diffusion d’un tel documentaire

Si vous voulez poursuivre dans cette direction, votre émission « scandaleuse et qui viole le principe du secret judiciaire » est déjà prête pour demain. On reprend les mêmes et on recommence…, dans un an, dans dix ans, dans cinquante ans… ça sera identique, ce qui a été « moche, malheureux et fatal » en 2003, le restera, en 2030, en 2050, en 2080…

Vilnius n’a pas apporté « la clé de lecture manquante » pour expliquer ou comprendre la problématique de la violence possible chez les êtres humains. Oui, l’Homme peut perdre son contrôle, l’Homme peut commettre l’irréparable et ce, depuis que le monde est monde. Ce soir-là, la mort a répondu « présent » pour un des deux, peut-être s’est-elle dit : « si je prends les deux, vous n’en tirerez pas une bonne leçon… »

Nos enfants sont le moteur

Qu’est-ce qu’on aimerait que nos enfants et petits-enfants racontent de nous dans cent ans par rapport à la lutte contre les violences faites aux femmes, les abus et à l’évolution de l’humanité ? Ne serait-il pas merveilleux de leur laisser un documentaire qui racontent comment la violence a été combattue en début de siècle grâce à l’activation d’une intelligence humaine ? Imaginer un tel documentaire peut donner quelques bonnes pistes à explorer…

Vous pouvez poursuivre comme but de mettre à terre Bertrand Cantat, peut-être allez-vous y arriver ? Je ne l’espère vraiment pas. Je me demande ce qu’indique votre « décenceomètre » ? Ce qui est certain, il n’y a aucune lutte efficace contre les violences conjugales en allant dans ce sens-là.

METTRE CE CAS SUR UN PODIUM DÉROULE LE TAPIS À TOUS CES CAS QUI NE FONT PAS DE BRUIT

La manière dont cette histoire tragique est sublimée en fait « la meilleure amie » de tous ces autres cas qui se déroulent sans gêner personne et bien sûr, sans représenter un intérêt quelconque pour les médias.

C’est un énorme dérapage, celui de faire du cas Trintignant-Cantat « le champion des cas » de violences conjugales. Il est peu utile puisqu’un certain nombre de paramètres étaient liés – à mon sens – à leur Vie de célébrités. La plupart des gens concernés par les violences conjugales n’ont pas accès à ce mode de vie. C’est encore une fois un luxe lâche de s’acharner sur ce cas – jugé depuis 15 ans –  car il laisse les autres dans un silence…mortel.

Alors quand j’entends Marlène Schiappa  – qui au passage, voir un membre d’un gouvernement participer dans un documentaire qui diffuse de la haine est tout à fait étonnant et inquiétant…-, ou Lio analyser les caractéristiques d’hommes et de femmes ayant été impliqués dans des conflits de violences conjugales, me donne l’impression que le problème est saisi du mauvais bout. Sans me positionner comme experte, mais quand même avec un certain parcours, je ne voudrais pas être décourageante ou rabat-joie, je crois qu’il va falloir compter autant de profiles, de caractéristiques que quasi de cas ou de situations, et que à chaque fois qu’il faudra faire correspondre un cas à un profile, un autre se sera créé et ainsi de suite… C’est une course sans fin, la diversité des situations n’a pas de limite et on ne peut pas maîtriser cet aspect-là. Sinon, on serait déjà capable de les empêcher ou du moins réduire leur nombre. La tendance est bien inversée. Par ailleurs, on entend souvent dans les témoignages, quels qu’ils soient : « jamais, j’aurais pu m’attendre à ça » « je ne pensais pas que ça pouvait aller jusqu’à là » etc. Mesdames, merci pour les caractéristiques, mais évidemment que c’est le côté sombre de l’être humain qui réalise dérapage. Oui, le côté sombre de Bertrand Cantat est sombre, mon côté sombre est sombre, le côté sombre de la société est sombre… Ne faudrait-il pas plutôt se poser la question de quels profils ou quelles caractéristiques d’un être humain pourraient gêner un dérapage ? Quel serait son pire ennemi ? Comment l’encourager ? De cette façon, on prendrait le problème par le fond.

J’ai entendu Maître Kiejman décrire Bertrand Cantat comme « un homme ordinaire au comportement monstrueux », alors je vous demande : connaissez-vous un cas de violence, fatale ou pas, au sein d’un couple qui s’est déroulé de façon « classe et non monstrueuse » ? Je me sens « horrible » lorsque j’écris cette question et je vous en veux de me procurer ce sentiment. Si vous connaissez un tel cas, je demande à voir le documentaire. Le pire dans tout ça, est que cela pourrait insinuer – c’est mon sentiment – qu’il y aurait eu une espèce de « tolérance » si le curseur sur l’échelle de monstruosité avait été juste à côté… Il y a là un message terrifiant – à mon sens – adressé à la société et à toutes les personnes qui dévient ou qui sont sur le point de dévier.

Le but n’est pas de classer un acte terrible sur une échelle de valeurs, ça ne servira pas la lutte, une fois de plus, mais de comprendre tout ce qui aurait pu l’empêcher.

Lorsque Raphaël Enthoven dit : « …elle avait 13 ans et 9 mois », sous-entendu, c’est plutôt 14 ans, à deux ans de la majorité sexuelle, ce n’est pas si grave que ça… Çà m’a choquée. Le philosophe Raphaël Enthoven est déjà dans le double-abus lorsqu’il évoque le cas de cette façon, car il minimise un ressenti auquel il n’a pas accès, ça ne lui appartient pas et ce n’est certainement pas à lui de définir ce que cette jeune femme a pu ressentir au moment des faits.

LE RETOUR DE BERTRAND CANTAT SUR SCÈNE : QUEL MESSAGE EST DONNE AUX BOURREAUX ?

Lorsque nous sommes dans le cas d’une personne qui a commis une faute, l’a reconnue, purgé la peine infligée, une fois libérée, c’est un droit de reprendre sa vie là où elle était restée. Que sa vie soit la scène, le garage, un bureau… Au nom de quoi la société devrait intervenir à ce sujet ?

En revanche, un autre point est beaucoup plus gênant. Lorsque nous continuons d’entendre le descriptif détaillé – variable en fonction de qui l’émet – sur le déroulement de la dispute, le nombre de coups etc. a directement un impact sur toutes les personnes étant peut-être sur le point de faire le pas pour sortir de leur souffrance. En sublimant le cas Vilnius, en le présentant avec « des chiffres », les femmes ou hommes qui cherchent à s’en sortir vont forcément être amener à se comparer, à comparer leur réalité, leur souffrance avec celle qu’ils peuvent lire dans les médias. Il n’y a rien de pire pour une personne prête à faire ce pas de se sortir de sa souffrance de l’amener à se dire : « est-ce que vraiment ma souffrance est légitime » ? « Ai-je raison de faire ça »?

Tant que le bourreau est pointé du doigt, la victime l’est aussi, deux étiquettes qui empêchent, autant l’une que l’autre, la résilience et la possibilité de se réapproprier sa propre Vie.

Il n’y a absolument aucune volonté de faire du bien ou de servir la lutte lorsqu’on avance certains propos, le seul but que vous atteignez et celui de maintenir et renforcer la haine envers un seul être humain.

C’est clair ! Contre les violences conjugales, le message devrait être : un coup est un coup de trop. Les enfants, on ne les touche pas. Les mineurs, on ne les drogue pas, on n’abuse pas d’eux/d’elles. Tous sont des déviances et dérapages très graves et le travail d’une société devrait être celui de comprendre la problématique de fond pour l’attaquer au bon niveau et réduire, voire éliminer le nombre de nouveaux cas.

***

Alors oui, Bertrand Cantat a commis l’irréparable et il s’est rendu à la justice sans jamais vouloir la fuir. Libéré, ses droits les plus fondamentaux sont bloqués par une société qui prétend lutter contre les violences et expliquer la décence en écrasant cet homme. Son droit est de pouvoir cultiver autant que possible l’envers de ce dérapage dans son cœur, dans sa vie, en tant qu’homme-artiste ayant retrouvé sa liberté. Ce geste de 2003 n’a pas supprimé qui il était avant, un homme engagé, un homme talentueux, un homme qui a attiré la lumière. Évidemment que certaines personnes vont réfléchir en se disant que désormais il n’est plus que ce « geste » et ne vont plus adhérer à sa valeur et c’est tout à fait compréhensible, chacun est libre. Mais tout un monde est là pour encourager tout ce qu’il sait être de bien afin qu’il continue à le cultiver et à le donner, en allant le plus loin possible. C’est son droit le plus fondamental.

Il y a toujours de l’amour dans le monde de Bertrand Cantat, un amour entre lui et son public, et il n’existe aucun amour à jeter sur cette terre.

UNE CONCLUSION, UN PARADOXE

Une société qui veut défendre les droits humains, dont elle est fière et se porte garante, mais qui ne parvient toujours pas à trouver en elle cette dimension pour les respecter et les appliquer est une société qui préfère lâchement régresser plutôt que de faire face à sa possible grandeur.  

A l’autre bout du lynchage médiatique existe une société capable de souhaiter à ses membres – circulant libres – de « se faire aimer pour ce qu’ils ont de bien et mieux en eux. » C’est le seul chemin vers une meilleure humanité.

Ça fait longtemps que je voulais vous dire… MERCI POUR LE TWEET !

Tweet

Merci Monsieur Bideau. Depuis, je dors mieux. J’ai également compris
pourquoi je dormais mal, par la même occasion. Comme c’est précieux. Si vous saviez comme je vous envie par moment. Quel joli boulot ! Tout beau, tout gentil. Tweeter que tout va bien, envoyer la carte postale de la Suisse avec un timbre Henry Dunant – svp – et la journée est finie. Ça sent le champagne jusqu’ici. C’est beau, mes yeux brillent. Je vais me battre pour ma « coupe » et faire « santé » aussi. Trop longtemps que ça ne s’est pas passé. J’imagine bien que vos défis sont multiples, mais au moins, pour les banques suisses à l’étranger, c’est réglé.

Ça fait trente ans, je rentrais dans une banque pour débuter un
apprentissage… Je me souviens d’une phrase de banquiers ultra-fiers : « quand les banques vont, tout va ». Quand on est dedans, on y croit. Depuis l’extérieur, on se dit, c’est la journée mondiale « des conneries », allez-y, tout est permis !

Auteure, j’écris des poèmes, des articles, des nouvelles. Je suis pour un
monde qui prend le départ vers une dimension plus humaniste. Ne plus craindre cette grandeur de l’être humain qui permet sciemment de choisir les actions qui font « le plus de bien et le moins de mal possible ». Un départ qui se prend chaque jour. Ce monde je l’ai appelé Loup Chocolat. Jolie métaphore qui encourage la grandeur des êtres humains ensemble. (Peut-être bien que les banques devraient jeter un coup d’œil à ce concept, à ce grand jeu de société, elles en font partie et ont bel et bien un rôle à jouer. A disposition pour tout intérêt. Je fais ce passage avec plaisir) 

Les coins de la carte postale suisse sont estompés. C’est tendance ? Je
ne sais pas. Ce sont des personnes parterre dans les coins. Mais que
font-elles ? S’amusent-elles ? Ou sont-elles juste tranquilles ? Trop
tranquilles ? Allez, passons l’éponge. La réponse importe peu l’image de
la Suisse. Aucun impact, tout ça reste hors compteur. Alors, cachons,
simplement, c’est si facile.  Mais quelle est  l’allure de leur image dans le fond ? Existe-t-il un sondage peut nous l’expliquer ? Qui mesure l’allure des personnes à terre à l’intérieur de nos murs ? Personnellement. c’est bien leur image qui me touche.

Allô les voisins,
Bonjour la France,
Guten Tag Deutschland,

Avant tout, je vous aime beaucoup. Mais que faites-vous ?  Qu’est-ce que
vous ne comprenez pas ? Was haben-Sie nicht verstehen ?  Il n’y
a pas que le foot dans la Vie ! Arrêter de taper dans ce ballon sans
arrêt. Vous êtes les champions, nous le savons, c’est bon, mais pas de tout…
 Il y a les banques, aussi. Faut prendre soin des banques comme vous
aimeriez qu’elles prennent soin de vous. Ne l’oubliez pas.

C’est écrit, sur ce coup-là, nous sommes meilleurs. L’arbitre a sifflé. Venez,
venez, nous avons la leçon qu’il vous faut, taillée sur mesure bien entendu. Nous avons ouvert quelques places de stages. Venez apprendre comment embellir la carte postale. Estomper les coins, créer la tranquillité… Ce n’est qu’une question de « coups-coups » de la société, l’air de rien. Rien de si compliqué. Allez, venez.

Ha voilà ! Je vois maintenant Monsieur Bideau, ces gens parterre discutent sans faire de bruit, comme on leur a appris. Ce sont des gens adorables,
formidables. Certains sont là depuis longtemps. Ils cherchent, dans leur tête, dans leur cœur, quelle a été l’erreur de leur Vie ? Pourquoi c’est si dur
aujourd’hui ? Ils aimeraient « s’exprimer », alors ils lèvent la main,
pour tenter d’occuper une place sur la carte postale, malgré tout. Même en réglant l’appareil sur la fonction panorama, ces gens-là restent flous.

Alors ils se disent : « de quelle couleur est notre gilet ? »
La complexité est de taille, il faut en trouver vingt-six… qu’est-ce qu’on s’amuse à chaque fois. Chacun pourra faire opposition à la couleur de l’autre dans un délai de dix ans en trouvant trois signatures… J’exagère, juste un peu. C’est un vrai jeu de société, attention à ne pas perdre le dé, il ne sera pas remplacé. Le cas échéant, vous serez poussés à tricher, il ne restera qu’à vous condamner. Et le tour est joué. Suivant… La partie se déroule vite parfois.

Et pourtant, l’envie est si grande pour toutes ces personnes d’être au moins
une fois au centre de la carte postale. C’est trop demandé. Alors Société, au
prochain coup d’envoi, pliez carrément les coins, je suis prête à me tordre
davantage et passer pour une timbrée, s’il le faut, pour être du côté de Monsieur Henry Dunant. C’est avec lui que j’aimerais bavarder.

Attendez, attendez… Que se passent-ils ? Les couleurs des gilets sont annoncées, on dirait. Les gens partent, se mettent dans le jeu, ils en veulent…

OH NON !!! Dommage !  Il est trop tard, il n’y a plus de
giratoire. Toutes les voitures volent à présent. Eh mince ! Encore une
fois, à côté du but… Et dire qu’on y était presque!?

Allez, allez … le meilleur s’extrait du pire. Quelques personnes restent sur
le terrain. C’est plutôt bon ça.  Comment a-t-il tenu Henry Dunant ?

Allô les voisins,
Nous en avons quelques-uns qui rêvent encore, ils sont originaux, ils ont du
talent. Bref, ils promettent de courir vite et de tout faire pour marquer ce
but. Eh oui, lorsqu’il s’agit de mettre la balle dans le but, c’est vous qui
donnez la leçon, c’est vrai 🙂 Vous reste-t-il quelques places ? A l’avant, à
l’arrière, vous décidez, nous, on s’adapte… très bien.

 

Nadine Trintignant crée un événement « Marquant(d) »

Nadine Trintignant crée l’événement « Marquant(d) » du 13.11.2019

L’interview de Nadine Trintignant dans laquelle elle annonce d’emblée être venue soutenir Roman Polanski a été autant inattendue que choquante, voire,  pas si surprenante que ça, finalement.

https://people.bfmtv.com/actualite-people/nadine-trintignant-soutient-roman-polanski-accuse-de-viol-ce-ne-serait-pas-roman-polanski-on-lui-ficherait-la-paix-1805113.html?fbclid=IwAR0ixm3nFI2N2axj-egVu8TghgRY6326hP9-1Mv4fDasWZntKmGEBcASmsw

Les féministes ont réussi à empêcher au moins une avant-première du nouveau film de Roman Polanski « J’accuse ». Une nouvelle plainte est venue se rajouter à l’encontre de ce grand metteur en scène : c’est une photographe, ex-mannequin, Valentine Monnier, qui dénonce un viol subi dans le chalet du cinéaste à Gstaad en 1975. Ce fait est totalement réfuté par l’avocat du réalisateur.

Nadine Trintignant crée l’événement « Marquant(d) » du 13.11.2019…

C’est le moins qu’on puisse dire… Elle n’a pas été blessée directement par Roman Polanski, et c’est ce qui la rend libre de pouvoir continuer à admirer la grande valeur de ce cinéaste, point de vue que je partage. Elle est si fière de le connaître, si admirative envers son travail et son parcours que la parole des femmes qui dénoncent le comportement violent dont il aurait été, manifestement, capable, il y a une quarantaine d’années, représente plus à ses yeux une « vraie fiction » qu’une vérité, à part le premier cas, qu’elle définit comme ayant été, certes, grave, mais désormais réglé. C’est un fait.

Roman Polanski n’a tué personne. Toutefois, lorsqu’une femme ou tout être humain reste enfermé dans sa souffrance, parce qu’il/elle ne trouve pas la sortie, ce sont des années de vie sans vie qui s’écoulent. La durée de ce combat peut parfois surprendre.

https://www.lci.fr/people/nadine-trintignant-defend-roman-polanski-on-devrait-le-remercier-d-avoir-fait-ce-film-2137596.html

Si nous retournons à l’envers les propos ou du moins la logique – qui permettent à Nadine Trintignant de soutenir le cinéaste, nous obtenons exactement les propos utilisés pour l’acharnement qui dure, depuis 15 ans, contre Bertrand Cantat, en l’appelant à ne pas poursuivre son métier dans la lumière… en appelant à la CENSURE de son œuvre. Évidemment, Marie Trintignant n’est plus là, en raison d’une dispute violente avec le chanteur qui s’est très mal terminée et cette blessure n’a pas de limite, c’est sûr,

L’intervention de Nadine Trintignant valide à mon sens la théorie que je défends, celle des points de vue qui naissent – comme des enfants – de nos propres expériences, de nos tragédies comme de nos joies. Aucun être humain ne peut déclarer que la valeur d’un autre est définitivement « nulle » pour la vie qui (lui) reste. Cette même valeur – sous un autre regard, lui aussi, légitime – a la capacité d’être belle et utile pour des milliers d’autres personnes, encore. Au nom de quoi ce monde devrait se passer de telles contributions ?

Si on devait poursuivre un même but en tant que citoyens du monde, il devrait s’appeler « rendre cette humanité meilleure ». Et ça passe par encourager le meilleur de chacun. On a beaucoup entendu parler de « décence » et de « repentir » autour du cas Bertrand Cantat, à croire que d’un seul coup, ce monde était peuplé « d’experts en décence » ou « d’experts en marche à suivre du repentir ». Peut-être que si nous avons tous trouvé dans nos tiroirs un « décenceomètre » et une « marche à suivre du repentir », c’est que ces outils, certainement utiles, sont avant tout à utiliser pour soi-même. Francesco de Gregori, un artiste auteur-compositeur italien que j’apprécie, dit dans une de ses chansons : « ognuno è vittima ed assassino » (chacun de nous est une victime et un assassin), extrait d’un superbe texte Vai in Africa, Celestino.  J’adhère à cette façon de voir la vie. Les pires souffrances sont celles que nous traversons sur terre et nous en sommes les créateurs, nous les infligeons aux autres, les autres nous les infligent, nous nous les infligeons à nous-mêmes. Soyons honnêtes, soit nous prenons les deux étiquettes, soit nous refusons les deux. Mais laissons la place à l’évolution de l’être humain, il y a toujours un réglage à faire pour agir mieux, en faisant le plus de bien et le moins de mal possible. La prise de conscience de ce que nous pouvons être, en incluant les extrêmes qui nous définissent, nous rend la liberté et la responsabilité à l’égard de notre propre route et nous donne les moyens de faire face à nos défis. Ce n’est pas le rôle d’un être humain de retirer ces moyens-là à un autre. Cette prise de conscience doit rester un accès libre pour tout le monde.

La lutte contre les violences et les abus

C’est un combat dans lequel nous sommes tous impliqués et concernés. Ces déviances se trouvent dans tout ce qu’il y a de plus commun comme environnements : la famille, les relations humaines, le travail, les loisirs etc. Une des choses que nous pouvons faire pour contribuer positivement et durablement à l’éradication des violences et des abus, c’est de mettre en paix notre propre monde intérieur. C’est un accès exclusif qui nous est réservé, personne ne peut le faire à notre place… Le plus, il y a d’êtres humains en paix, le plus le monde est en paix. C’est une équation très simple qui nous donne le ticket pour ce grand voyage autour du monde des sentiments humains. Les artistes nous aident car ils sont des « guides de masse », ils éclairent, ils accompagnent.

Se positionner devant l’entrée d’une salle de spectacle ou d’un cinéma en soulevant des pancartes ne revient pas à lutter contre les violences. Ces personnes qui ont choisi de faire la queue pour aller découvrir une œuvre ou écouter un artiste ont toutes suivi un chemin : leur propre vie. Personne ne peut prétendre que ces gens-là ne se situent pas au bon endroit.  C’est une erreur (un auto-goal…) de penser qu’en allant culpabiliser ou tenter de dissuader ces spectateurs nous fasse avancer vers le bon but. Ils se sont situés face à un travail artistique porté par un Homme, un être humain imparfait qui a parfois montré de grandes failles dans le courant de sa vie. Ce paramètre a forcément été pris en compte dans leur choix d’être là.

De mon point de vue, pour lutter réellement, il faut aller rencontrer les raisons, les explications qui poussent à la déviance. En quoi la société y contribue ? Ouvrir un dialogue. Un rapprochement des extrêmes est ce qui permettra de chasser la crainte pour accéder à mieux se comprendre. Il n’y a pas d’avancement sans passer par la case « compréhension », d’abord.

Comme dans un Jeu de l’Oie, nous nous dirigeons tous vers ce bien-être, mais ce sont bel et bien des cases différentes pour chacun de nous qui nous construisent, qui nous font réfléchir, qui nous permettent d’explorer notre monde intérieur afin de devenir, toujours un peu plus, cet être entier et conscient.

Au final, le soutien de Nadine Trintignant à Roman Polanski n’est pas si surprenant ou marquant que ça. L’idée serait de pouvoir étendre cette logique au cas de Bertrand Cantat. Car oui, des milliers de personnes suivent le même raisonnement à l’égard de l’actualité qui l’entoure. Il y a plein de gens qui n’ont pas été blessés directement par cet homme et se disent : « s’il n’était pas une célébrité, on lui ficherait la paix »,  » il a un immense talent de musicien et on devrait le remercier pour son œuvre »… Une file d’attente est debout, ce sont les personnes venues défendre le droit de Bertrand Cantat à reprendre son travail. C’est tout à fait compréhensible, Madame Trintignant, que vous ne soyez pas dans cette foule et que votre chemin vous guide vers un autre angle de vue. En revanche, ne croyez pas, que vous allez trouver dans le public de Bertrand Cantat, des femmes et des hommes sans coeur ou insensibles au combat pour un monde avec plus de justice et sans violence. Bien au contraire.

Pour conclure, il ne serait certainement pas étonnant du tout que les personnes en train de découvrir, ces jours, le film « J’accuse » soient en partie les personnes prêtes à « racheter ou acheter » un billet pour le spectacle « Paz ».  

Il reprend son travail là où il l’a laissé, c’est son droit le plus fondamental…

Au nom de quoi pouvons-nous empêcher un être humain de faire sa part de bien pour ce monde ? Quel être humain sur terre peut dire que la valeur d’un autre ne compte plus ? Certaines peuvent ne plus adhérer à la valeur d’une personne, et je comprends ça. Mais cette même valeur, vue sous un autre angle, continue d’être utile pour le monde.  

La face « pire » de Bertrand Cantat est consumée, réalisée, plus rien ne passerait ou ne serait admis. C’est clair. En revanche, il a bel et bien cette face qui sait faire beaucoup de bien à des millions de personnes et ce n’est pas à prouver. C’était déjà là, avant. Il reprend son travail là où il l’a laissé, c’est son droit le plus fondamental. C’est le seul moyen de cultiver, sans limite, l’inverse de ce dérapage dans son cœur, dans sa vie, sachant qu’il ne pourra jamais l’égaler dans les mêmes proportions. Nous sommes d’accord. Mais il peut aller le plus loin possible dans cette direction, pour son bien et celui de son entourage. Seule l’hypocrisie d’une société pourrait barrer cette route. Une société qui prétend œuvrer pour le bien alors qu’elle empêche le meilleur de ses membres et qui nourrit, par la même occasion, « haine, mépris et frustration », les sentiments déclencheurs de déviances.

Laisser Bertrand Cantat poursuivre sa route vers ce qu’il est de mieux lui permet de gérer sa souffrance tout en faisant autant de bien que possible, à partir de « ici et maintenant ». Que demander d’autre à un être humain libre dans cette société ? Quel autre défi lui lancer ? C’est la valeur qu’il peut apporter à ce monde, cette valeur est précieuse. Cette face n’est pas condamnable et ne peut pas être condamnée. Au nom de quoi pouvons-nous empêcher un citoyen de faire sa part de bien pour ce monde ? Son métier d’artiste le met en lumière, certes, et je peux bien concevoir que cela crée un certain malaise. Libre à chacun de participer ou pas à son succès. Cette lumière est la réponse à son immense talent. Cette lumière, il la partage avec un public présent, heureux qui pourrait difficilement s’attendre à recevoir plus de la part de l’artiste qu’il aime. Au même temps, cette lumière agit un peu comme une « caméra de surveillance ». Tout le monde sait qui est Bertrand Cantat, tout le monde est au courant de sa « terrible et irréparable erreur ». Ceci rend définitivement chacun de nous libre et responsable de se situer face à son travail d’artiste. Chaque point de vue est légitime, et c’est juste ainsi. Toutefois, fermer la porte à l’expression de Bertrand Cantat ne va en aucun cas embellir ou donner meilleure allure à ce monde. Le grand danger, pour la société et les futures générations, c’est de faire croire qu’en agissant ainsi nous luttons réellement contre les violences et les abus en général. Sommes-nous sur cette voie ? J’en doute. La société devrait se poser des questions plus courageuses et honnêtes pour comprendre en quoi elle contribue à son propre dysfonctionnement – de façon volontaire ou involontaire – et idéalement, retirer sa contribution… Tant que cette prise de conscience n’a pas lieu complètement, nous continuons « d’applaudir » les parties prenantes qui rendent possible ce dysfonctionnement.

Tout autre citoyen qui aurait commis le même dérapage que Bertrand Cantat passerait de façon incognito dans la société. Nous pourrions également aimer, encourager, une de ces personnes, un jour ou l’autre, sans, par contre, tout connaître de sa vie. Bertrand Cantat n’est pas un fugitif et n’a jamais contesté ce qui lui a été demandé de payer. Sa vie est exposée. Qui peut à partir de là imposer une toute autre loi ou une extension de loi qui le condamnerait à rester dans un coin ? Son cas a été géré par la justice, contrairement à d’autres qui ne le seront jamais, il est libre de se reconstruire, de repartir dans sa vie, avec uniquement de bonnes intentions. S’il y a au sein de certains mouvements populaires la volonté sincère de rendre ce monde plus juste et plus équitable, en défendant de bonnes causes, alors « go » pour cette mission. S’acharner sur une seule personne – qui a purgé sa peine et qui ne plus faire de faux pas – c’est un luxe qu’on ne peut en réalité pas s’offrir. Le temps presse. Il y a un choix à faire.

Ne pas retirer les moyens à une personne afin que celle-ci puisse gérer sa souffrance et accorder une place à tout le bien qu’elle peut apporter est de toute évidence le seul chemin qui puisse rendre meilleure cette humanité. Une société qui ne parvient pas à trouver en elle cette dimension lui permettant de faire valoir ces qualités humaines est une société qui tue…lentement mais sûrement.  

Documentaire

Pétition

https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/lettre-ouverte-franck-riester-ministre-culture/75032?fbclid=IwAR39dvSW0OlySZrqgFz-yCsmOdfC2_lthsxsaS5LoiFBY1tSTpp1m9flXM0

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