The light is green for a new start !

Congratulations President Joe Biden! Congratulations Vice President Kamala Haris! And all american people! So many good news at the same time !!

A divided country can be the best picture when in front it meets determination, faith and commitment to make it only one again. Inclusion, greatness and diversity are the values for the present and future.

The construction of a beautiful “bridge” is already going on…

The challenge is there. It hides a beauty. Now, it’s human beings’ turn to act. The all world can be the winner <3

Democracy is Peace !!

Face how great you are America !!

https://www.rts.ch/info/monde/11735570-biden-sengage-a-etre-un-president-qui-rassemble-et-non-pas-qui-divise.html

L’ART SAUVE DES VIES. PARTOUT. TOUT LE TEMPS.

OEUVRE #1

« L’art sauve des vies. Partout. Tout le temps. » est ma nouvelle démarche qui réunira une dizaine d’œuvres artistiques – principalement des films – dont le message que j’en ai tiré a été déterminant et à chaque fois, un vrai joyau qui a éclairé ma route et continue de le faire.

L’art est cet infini réseau routier sur lequel nous pouvons nous engager. Il nous raconte nos vies, nous éclaire et nous mène vers cette compréhension. Une étape clé qui nous munit de ce dont nous avons besoin pour avancer ou qui nous aide à laisser tomber ce dont nous n’avons plus nécessité. L’accès à l’art et à la culture est essentiel. Ne pas soutenir l’art revient à renier l’humanité.

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Pour chaque œuvre présentée, il y a une vidéo plus un article. Il n’y a pas d’ordre chronologique, c’est comme ça vient, comme je les retrouve.

Film #1

Il s’agit du film AMOUR, de Michael Haneke. Un film que j’ai vu – la première fois – dès sa sortie en Suisse, un film qui m’a bouleversée. Le couple d’acteurs – Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva – avec la participation d’Isabelle Huppert, est grandiose. Avec une délicatesse extrême et déterminée, ils vont donner une place au sentiment « amour » tout au long de cette tragédie.

Ce film m’a marquée et surtout m’a apporté une réponse que je cherchais à ce moment-là de ma vie. Une direction. Il y a plein de messages à extraire de ce film. Tout d’abord celui de l’amour qui n’a peur de rien. Ça beau être austère, douloureux, tragique, sombre… l’amour ne recule devant rien, il n’y a pas de passage qui soit trop étroit ou inaccessible à l’amour. L’amour est là, en nous, au milieu de la joie comme de la douleur, et ne demande qu’à être exprimé à chaque instant de notre existence. « Nous ne serons jamais épargnés des épreuves à traverser tout comme privés de l’amour pour y arriver. »

Le message de ce film qui me tient à cœur réside dans une réplique, en réalité. C’est elle qui m’a immédiatement décidée à acheter le dvd pour voir et revoir, écouter et encore. J’ai écrit parfois cette réplique dans mes cahiers, à la première page, pour y revenir à chaque fois que j’en ai envie.

Bien qu’elle soit simple et même naturelle, je n’arrivais pas à la trouver en moi. Ce film me l’a donnée.

Ce récit met à l’épreuve le sentiment d’amour en exposant une de ses facettes les plus douloureuses : accompagner l’être que nous aimons vers la fin, vers la sortie. La maladie s’installe dans le quotidien de ce couple octogénaire et c’est une vie, quasi, à trois qu’il faut réorganiser. Les habitudes ne sont plus les mêmes, les espaces et le temps sont employés autrement. L’amour va choisir, au milieu de cette nouvelle organisation, de garder sa place.

La réplique

C’est environ à 1h30 du film. A mon sens, c’est le point culminant du scénario, par rapport à ce qui se dit. C’est mon avis personnel. C’est lors d’un échange entre Jean-Louis Trintignant et sa fille Isabelle Huppert, un échange qui va très loin et qui a le pouvoir de remettre les choses à sa place. Chacun va exposer la souffrance de sa propre réalité et le dialogue conduira, pour finir, vers une espèce de soulagement. Voici l’extrait (environ 8 min dans le film, lien ci-dessous) :

  • Qu’est-ce qui passe avec maman ? Pourquoi tu ne décroches pas le téléphone ? Depuis notre dernière conversation, je t’ai laissé quatre messages sur le répondeur, pourquoi tu ne rappelles pas ?
  • Excuse-moi, je n’écoute pas les messages.
  • Tu ne peux pas te douter qu’on s’inquiète ?
  • Votre inquiétude ne me sert à rien. Non, ne le prends pas mal, ne le prends pas mal. Ce n’est pas une critique. Mais je n’ai pas le temps de m’occuper de votre inquiétude, voilà c’est tout.

  • Tu ne peux pas m’interdire de la voir.
  • Non…

  • J’ai été idiot de fermer la porte tout à l’heure. Excuse-moi, j’ai été pris au dépourvu. Je suis désolé

« Votre inquiétude ne me sert à rien. Je n’ai pas le temps de m’occuper de votre inquiétude. »

Comme je disais, selon moi, cette réplique est le point culminant du scénario. En exprimant cette phrase, Jean-Louis Trintignant protège son amour, sa sphère, avec clarté. Il indique ce qui compte pour lui et la manière dont il souhaite vivre cette phase de sa vie. Certes, cette réponse va blesser sa fille qui va légitimement revendiquer son droit de voir sa mère, également avec une détermination. Au bout de l’échange, il y a ce rééquilibrage, Jean-Louis Trintignant admet qu’il est allé trop loin, il est désolé et reconnaît le droit de sa fille, tout en préservant son intimité et ce qui lui appartient.

Certainement, cette réplique a la force de déclencher ce qui doit être vécu chez les deux protagonistes de la scène, avec sa dureté, cette déclaration va créer aussi beaucoup de bien en incluant et en prenant en considération toutes les réalités y compris le souhait d’Emmanuelle Riva de ne pas être vue dans son état. Ces mots sont durs et généreux à la fois car ils vont libérer l’autre en le déchargeant : sens-toi libre de ne pas t’inquiéter autant. C’est ton droit de ne pas t’inquiéter.

Pourquoi cette réplique m’a percutée ?

J’avais besoin d’entendre ça. Ça été l’ouverture d’un boulevard devant moi, pour ma conscience et pour continuer un chemin vers une paix intérieure. Elle est exprimée de façon élégante, saine et autoritaire. On ne peut pas ne pas comprendre cette phrase. On ne peut pas ne pas la respecter.

Elle m’a fait du bien en me soutenant dans mon combat, dans mon parcours. Se relever d’un abus exige à retrouver le sentiment « amour », sans ça, difficile de tenir. Les abus, en tant que sujet, malheureusement, trop tabou et trop peu débattu avec une réelle volonté de combattre ce mal, parviennent à éveiller beaucoup d’inquiétude – entre autres – chez l’entourage proche ou éloigné et dans la société en général. Souvent l’être humain pense qu’il rend service parce qu’il s’inquiète. Si en face, cette inquiétude est prise comme une limitation ou quelque chose envers laquelle il faudra être redevable, ça peut en réalité devenir un vrai obstacle ou un poids supplémentaire à porter au risque de passer à côté de qui on est.

Mon avis

Je pense qu’on devrait tous avoir cette réplique dans une poche car elle peut servir, dans la journée ou dans une vie. Quand on exprime une telle phrase parce qu’on veut protéger ce qui est « amour », parce qu’on veut vivre ce qui est «amour », alors elle peut déclencher la même envie chez l’autre, elle peut favoriser un meilleur équilibre et redonner la juste place aux sentiments de chacun. La juste place, ce n’est pas rien. C’est même beaucoup. Et c’est plutôt agréable comme sensation. Quand on la rencontre une fois, on ne peut plus ignorer qu’elle existe.

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C’était la réplique que je voulais partager. En dire plus, ça serait en dire trop. Tout le film est merveilleux. C’est joué avec une telle pureté. Un film à voir si ce n’est pas fait, parce qu’il donne une belle leçon d’amour. Il y a une société qui en a besoin de cette leçon… la nôtre.

Ce mot « amour », par rapport au contexte actuel de ce monde, de cette crise, et des inégalités qui durent depuis trop longtemps et qui sont davantage mis en lumière en cette période « covidienne », aurait à lui tout seul la force de tout régler, de tout rétablir, de tout rééquilibrer. Mais quelque chose l’empêche…

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Si le message de ce film vous a marqués, sentez-vous libres de partager votre ressenti, votre avis. Je serais très heureuse de le connaître. Pour ne pas manquer les autres vidéos de la démarche « L’art sauve des vies. Partout. Tout le temps. », abonnez-vous, tout simplement J Merci !!

Voici le lien vers la vidéo

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Le prochain film de ma liste est Forrest Gump et j’aurai une petite invitée. Elle a dernièrement vu cette toile et a envie de dire quelque chose. Elle se réjouit et moi aussi !

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Merci pour votre attention.

Portez-vous bien et à très bientôt.

Grace

Qu’y a-t-il après une tragédie si pas un chemin vers l’évolution ?

Les administrateurs du groupe Comité de soutien à Bertrand Cantat ont travaillé pour professionnaliser un documentaire qui réunit simplement la parole de tous les magistrats qui ont, d’une manière ou d’une autre, pris l’affaire en main. L’enjeu pour la société est important après de telles épreuves : il s’agit de la lutte contre la violence, les abus, dans toutes leurs formes. Transformer, modifier les dires qui ont été actés par des juges au vu d’en faire une tragédie lucrative ne sert en rien du tout la réelle lutte contre la violence. Au contraire, cela parvient uniquement à diviser et à semer haine et colère à l’infini, une atmosphère propice à tous dérapages d’êtres humains. Une régression. Le but n’est pas de tolérer ce qui s’est passé mais de réfléchir de façon honnête et courageuse afin de réduire, voire d’empêcher tout nouveau cas.

Qu’y a-t-il après une tragédie si pas un chemin vers l’évolution ?

Je ne comprendrai jamais comment lyncher une personne peut procurer un sentiment de bonne conscience, un sentiment de lutter contre la violence.

C’est triste et c’est un gaspillage de devoir investir de l’énergie pour prouver une manipulation, une déformation des faits. Une histoire déjà tragique qui se transforme en tragédie lucrative, dont certains profitent. Mais où est la lutte contre la violence ? Tout devrait, au contraire, commencer par un renoncement à un petit bout de profit, ça se passerait naturellement beaucoup mieux…

ON NE VIOLE PAS LES FEMMES, ON N’ABUSE PAS DES ENFANTS, ON NE PORTE PAS DE COUPS MORTELS (ou de coups tout court) sur qui que ce soit. C’est certain. Mais ces choses terribles arrivent effectivement sur terre. Cela signifie également que c’est sur terre que l’on peut réussir à les arrêter, du moins, autant que possible. Les ressources pour renverser la situation nous appartiennent déjà.

Un monde sans violence, un monde qui ne soit pas complice de déviances et de dérapages passe par une évolution des sociétés et donc par une évolution de chacun de ses membres. Une remise en question. Un dialogue. Un débat. Des rencontres. Une prise de conscience sur comment nous y contribuons collectivement. Reconnaître comment nous nourrissons ce dysfonctionnement et ne plus lui donner à « manger ». Choisir l’évolution c’est dire non à la régression. C’est montrer à nos enfants que le meilleur existe si on choisit de le faire exister. Un choix de direction à faire…

Bertrand Cantat a vraisemblablement perdu sa valeur aux yeux de milliers, voire de millions de personnes. Et il ne s’agit pas de contester ceci. C’est une donnée qui fait partie de la réalité. Mais l’inverse est tout aussi vrai et vivant. Et heureusement qu’il en est ainsi. Prendre conscience et accepter qu’une personne n’a pas pu blesser à 360° est une clé qui devrait ouvrir la porte de la libération. Une étape cruciale pour chacune des parties impliquées dans un drame.
Plein de gens continuent à aimer cet homme, cet artiste, cet ami. Ils sont des milliers, voire également des millions qui continuent à apprécier en lui ces multiples facettes qui composent son talent. Un talent qui a réussi à rassembler autour d’un message, d’une sensibilité et d’une musique une foule de personnes. Ce public-là choisit de ne pas oublier ce que Bertrand Cantat réussit à procurer comme bons sentiments par le biais de son art. Ce public-là répond présent pour continuer à soutenir cette face non condamnée et non condamnable. Les motivations qui poussent les gens qui forment ce public à rester sont aussi nombreuses que diverses et elles appartiennent à chaque être humain. C’est le pouvoir des vies qui se rencontrent à des moments précis, jamais par hasard. C’est la diversité des angles de vue.

Pour ma part, en 2003, l’annonce de ce drame avait tout d’un fait divers. Je ne suivais pas particulièrement le groupe Noir Désir. Je connaissais les morceaux à grand succès, je les écoutais avec plaisir à la radio. En revanche, le fait de recroiser cette histoire humaine et de constater comment certains mouvements ou médias œuvrent pour empêcher un homme de se réinsérer – il n’est ni un fugitif, ni un impuni – fait sonner l’alarme chez moi en réveillant des valeurs profondes que je défends peut-être même passionnément. Ça fait appel à une vision de société que je défends. J’ai moi-même mené mon combat, beaucoup d’années se sont écoulées et j’ai vu mon regard changer chemin faisant. Une chose est sûre, c’est que pour sortir de la colère, de la haine, du dégoût, de la honte… il ne faut pas rajouter une couche, ou plusieurs, de ces mêmes ingrédients, il faut faire quelques traversées et aller chercher autre chose, plus loin, plus profond. Il n’y a pas mille choses qui vont fonctionner, il n’y en a qu’une : accepter les faits et quitter la guerre par amour. Peu importe ce que les autres pensent.

Je ne crois pas à cette idée ou question que l’on entend tout le temps : faut-il séparer l’homme de l’artiste ? A mon sens, non. La vie est une addition de pas, et pas une soustraction. Et c’est en incluant chacun de nos pas dans notre bagage que l’on se doit de continuer la route en devenant ce que nous pouvons être de mieux, au fur et à mesure. Notre propre évolution est un droit autant qu’un devoir. Cette dimension nous la possédons et c’est sur elle qu’il faut miser. C’est elle qui peut nous éclairer et nous conduire vers plus de compréhension. La case de la compréhension est libératrice et, par conséquent, incontournable pour pouvoir avancer.

Il y a dans ce documentaire une déclaration de Bertrand Cantat dans laquelle réside tout, selon moi. C’est quand il dit : « Je n’accepte pas moi-même d’avoir levé cette main. Jamais, jamais, elle n’aurait dû se lever. » La force de cette déclaration est que si elle devait ne pas être sincère, elle se retournerait forcément contre lui et éventuellement ses proches. La vraie et infinie facture à payer est probablement celle de vivre libre avec ce geste à porter avec et en soi. A Bertrand Cantat de trouver, cet être humain en lui qui inclut tout ce qu’il a été, tout ce qu’il est et tout ce qu’il peut devenir. Au nom de quoi la société peut-elle empêcher un être humain de poursuivre ce chemin ? Nous sommes des citoyens imparfaits, des victimes et des bourreaux à la fois, au quotidien. C’est ce qui crée l’opportunité de grandir après chaque épreuve.

Qu’est-ce que la société attend d’un citoyen ? Et qu’est-ce que la société attend d’un citoyen qui aurait effectivement commis une énorme bêtise pour laquelle il a purgé la peine infligée ? N’attend-elle pas de cette personne qu’elle s’implique et s’engage à rester du « bon côté » ? Oui, c’est ce que la société attend et c’est ce que la société donne comme « devoir » à ses citoyens libres. Et c’est évident qu’atteindre ce but passe par la vie sociale et professionnelle.

Barrer cette route relèverait d’une hypocrisie monumentale de la société, elle-même. De quoi sommes-nous effrayés dans le cas présent ? Qu’un artiste passe deux heures de temps avec son public ? Qu’ils vivent ensemble un bon moment ? Qu’ils se remplissent de bons souvenirs, des souvenirs qui peuvent à tout moment déclencher de belles actions ou donner lieu à des inspirations ? Sérieusement ça nous fait peur ? Ce rendez-vous ne concerne que l’artiste et son public.

JE PENSE SINCÈREMENT QUE, SANS L’ART, CE MONDE N’EST PLUS RIEN DU TOUT.

Je sais et je respecte que certaines personnes décident de ne plus croiser la route de Bertrand Cantat. Mais ne nous trompons pas. N’allons pas vers la régression en refusant d’accepter la diversité des angles de vue qui composent notre humanité. Acceptons cette diversité, cette richesse, respectons la liberté de chacun et investissons plutôt l’énergie pour se rapprocher de ce même but visé : réduire et éliminer les violences.

Ne pas réussir à accepter la diversité des angles de vue qui découlent de nos vécus et histoires respectifs fera de nous les créateurs de la GRANDE TRAGÉDIE DE CE MONDE. Y a mieux que ça, non ?

Un reportage qui signe un échec misérable de la société

« ENQUETE EXCLUSIVE SUR LE CAS CANTAT », UN REPORTAGE QUI SIGNE UN ECHEC MISERABLE DE LA SOCIETE.

Ça m’a pris du temps pour rédiger cet article. Il y a une partie de cette société qui « tue » cette liberté d’expression, cette liberté d’être humain. Ces quelques jours m’ont été nécessaires pour m’avouer à nouveau que c’était mon droit de m’exprimer et que je n’avais rien à craindre à être humain. J’utilise volontairement ce verbe « tuer », qui va peut-être choquer dans ce contexte, mais faire de Vilnius un cas utile pour la prétendue lutte contre les violences conjugales, ou un cas qui nous auraient révélé je ne sais quelle clé de compréhension, un cas qui nous aurait appris que l’Homme peut dévier, déraper, péter un câble, tuer, n’est qu’une immense escroquerie et une grosse manipulation. C’est choisir de tirer profit de la peine des autres au détriment d’une évolution positive de l’humanité. Lorsque la société ou un pays détruit cette possibilité d’évolution, elle maintient et renforce une guerre, celle que nos enfants hériteront. C’est lâche.  

J’ai survolé ce documentaire, un lynchage médiatique, du voyeurisme, une vraie incitation à la haine envers une seule personne. Une intention collective et volontaire de détruire un être humain. Une organisation de la destruction… Je ne sais pas si une civilisation pourrait faire sciemment pire. Malgré la concentration de ces sentiments, ils ne m’ont pas atteinte. J’ai perçu ce document comme « un échec de notre société ». Une absence de vision humaniste, des propos qui – selon moi – ne servent pas beaucoup, voire pas du tout, la lutte contre les violences conjugales ou toute autre forme de dérapage humain. Je vais tenter d’expliquer pourquoi, en toute sincérité et sans haine.

En tant que femme, en tant que mère, je maintiens à 100% ma position pour le retour de Bertrand Cantat, pour son droit à exercer son métier d’artiste, pour que son œuvre puisse continuer dans la forme qu’il choisira de lui donner, pour son droit à repartir dans sa Vie et évoluer à travers elle, pour le droit de son public à profiter de son art. J’aimerais souligner que ce point de vue n’est pas toujours facile à partager en raison de l’attaque gratuite et systématique qui tend à culpabiliser les gens appréciant encore et toujours une valeur certaine chez Bertrand Cantat. Parfois, ce sentiment peut être très inconfortable jusqu’à se demander si on n’est pas en train de prendre un risque pour soi-même. Tout ça découle en partie de la non volonté de sortir de cette case « haine » de la part de certains médias. Cela dit, je sais qui je suis et je tiens à défendre cette place en précisant encore une fois qu’il est tout à fait possible d’aimer et d’encourager cet artiste tout en

  • Luttant contre les violences conjugales ou autres abus,
  • Comprenant et en respectant que certaines personnes n’adhèrent plus à sa valeur,
  • Exprimant la plus grande et sincère compassion à l’égard de toutes les personnes ayant été blessées de façon définitive par cette tragédie.

Chacun trouve sa place dans cette constellation que nous formons en fonction de son parcours de vie et de ses valeurs et c’est à partir de ce point que chacun peut apporter son unique contribution pour une meilleure humanité. C’est la beauté de notre diversité. Je serais très lâche et malhonnête envers ma propre Vie et ce qu’elle m’a enseigné si je me positionnais autrement juste par « commodité », pour être avec une majorité ou par crainte d’assumer mes convictions. C’est mon habitude de rester fidèle à moi-même.

Un artiste italien dit « ne crains jamais de rater un tir au but, ce n’est pas à partir d’une telle particularité que tu seras jugé, un vrai joueur, tu le reconnais à son courage, à son altruisme et à sa fantaisie ». L’artiste est Francesco de Gregori. Le foot est une magnifique métaphore, grâce à son langage universelle et populaire, pour parler de la Vie – ce temps de jeu qui nous est donné. Jouer en étant soi-même ET en sachant de quel côté est le but à atteindre…

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UNE VISION HUMANISTE

Personne n’est venu sur terre pour accomplir un parcours sans faute et nous appartenons tous à cette catégorie d’Êtres humains pouvant déraper à tout moment…

Créatrice de Loup Chocolat, l’idée de ce nom – sous forme de métaphore – est de prendre conscience des extrêmes qui définissent notre grandeur et à partir de là, (re)partir vers ce qu’il y a de mieux en nous à chaque fois que la Vie nous le propose ou l’impose afin d’apporter notre meilleure contribution à ce monde. Un monde en paix n’est rien d’autre qu’un ensemble d’êtres humains voulant la paix.

Bertrand Cantat a tout fait pour récupérer son droit à reprendre sa Vie là où elle était restée. Pouvoir faire face à ce qui reste devant nous en portant notre valise est un droit tout comme un devoir que je défends. Je pense que c’est en ouvrant volontairement l’espace à cette dimension, autant chez un être humain qu’au sein de la société, qu’une évolution nous attend. Une évolution belle et utile à laisser à nos enfants. La lumière que Bertrand Cantat a su attirer est une réponse à son talent. Il n’y a pas d’amour à jeter sur cette terre, l’amour entre cet artiste et son public était déjà une valeur avant et reste une valeur certaine aujourd’hui. Un besoin qui continue pour tout un monde qui l’admire, un monde légitime.

J’aime voir les choses sous cet angle de vue. La force d’une histoire humaine est qu’elle peut en impacter une autre, juste parce qu’elle est comme elle est, déclencher de bonnes choses et ainsi de suite… Au nom de quoi pourrions-nous stopper cette fluidité, le courant de nos vies ? Nous passerions à côté des plus belles et nécessaires choses à réaliser.

Humaniste mais pas laxiste
Je vois l’humanisme comme un mélange d’indulgence et de fermeté avec un encouragement à la paix et à vivre notre grandeur.

Dans l’idéal, chaque personne qui fait du mal doit payer. Or, nous savons que ce n’est pas le cas et que ceux qui payent, payent également pour d’autres et certains ne payeront jamais. Difficile de renverser cette tendance, alors ne pourrions-nous pas nous en servir et voir comment cela pourrait nous aider à grandir ?

La société est certainement un complice de tous nos dérapages en raison de tous ces sentiments difficiles que nous absorbons tous les jours et qui découlent des injustices, des inégalités, d’une mauvaise répartition des richesses et des opportunités… Un climat qui nous charge et surcharge constamment de révolte et qui peut activer ces zones de notre monde intérieur qui sont celles capables de toucher à l’extrême. Nous les avons tous ces zones. Et quand l’acte se passe, l’être humain est déconnecté de tout ce qu’il peut être d’autres que ce qu’il est à ce moment précis (quand l’acte n’est pas prémédité). En d’autres termes, le plus et le plus vite dans notre vie, nous prenons conscience des facettes, des polarités qui nous constituent, le plus nous serons à mêmes de faire les meilleurs choix pour nous-mêmes et pour notre entourage à tout moment.

Le Mal est en chacun de nous, et la valeur d’un homme se juge à la façon dont il défie ce mal.
David Gemmell

Tant que nous sommes en vie, cette phrase nous concerne.

Lorsque nous sommes face à un cas comme celui de Bertrand Cantat, qui, après le drame, a suivi une trajectoire incontestable sur le plan judiciaire et qui est un grand artiste avec une valeur certaine, nous sommes probablement face à un cas qui est là pour nous faire grandir. Et ça passe peut-être par un chemin que nous n’avons pas connu dans notre histoire jusqu’à présent. Lorsque j’entends : « nous n’avons jamais connu ça, jamais un criminel n’est remonté sur scène… », je me dis deux choses :

  • Ce n’est pas parce qu’on ne l’a pas connu avant qu’aujourd’hui ça ne serait pas, justement, une route qui pourrait nous faire évoluer,
  • Bertrand Cantat n’est pas juste un homme qui a commis un crime, Bertrand Cantat a apporté de la valeur et a fait du bien à des millions de personnes avec son talent et son inspiration, il est un homme engagé qui a toujours pris position contre les inégalités. Ensuite, il a dérapé, il est devenu auteur d’un crime, en effet, il a payé la facture que la justice a prononcé, il est aujourd’hui libre et toujours maître d’un art qui ne prône nullement la violence, bien au contraire… Et tout le paradoxe est là, c’est qu’il peut certainement apporter encore à son monde, son public, un bout de ce dont il a besoin, pour permettre à des milliers gens d’aller mieux. Voilà, qui il est.

Rester sans grandir face à cette situation serait vraiment dommage. Alors de mon point de vue, comme je pense que la société joue un rôle de complice dans tous les dérapages, je parle en général, peut-être ne devrait-elle pas arracher une tranche de cette erreur, parce que ça lui revient, et laisser à nouveau ce bout de ciel bleu au-dessus de Bertrand Cantat ? Ce bout de ciel bleu, qui n’a pas dit son dernier mot, lui appartient. Ce qu’il a à dire est certainement très précieux pour toute l’humanité. Évidemment, il n’y a plus de place pour un dérapage. Lorsque l’irréparable a été atteint, la deuxième chance se profile avec beaucoup de contraintes, et c’est normal. C’est là où prend place la fermeté. Mais ne pas donner vie à cette deuxième chance, c’est privé toute une époque de l’accès à une compréhension qui pourrait nous emmener bien plus loin de ce qu’on pense.

Chaque être humain est une valeur précieuse, la vivre est un droit fondamental jusqu’au bout, tout en portant sa valise.

UN DOCUMENTAIRE QUI APPAUVRIT LA SOCIÉTÉ

Je ne vais jamais dire que ce n’est rien ou pas grave ce qui s’est passé. Il faut toujours être deux pour que ça arrive. Chacun des protagonistes a joué son rôle, deux êtres émotifs, excessifs, flirtant avec certaines limites à cette époque-là de leur vie, probablement. Très aimés et adulés par leur public respectif, une tragédie qui a touché un nombre très élevé de cœurs et d’esprits. La vérité la plus intime leur appartient. La responsabilité « entière » de cette issue tragique incombe à Bertrand Cantat. C’est ce qu’il a déclaré, assumé, il a été jugé pour ça, a purgé la peine infligée en refusant toute dérogation. Une procédure incontestable sur le plan judiciaire. SI CHAQUE PERSONNE QUI FAISAIT DU MAL OU COMMETTAIT UNE ÉNORME BÊTISE SUIVAIT CETTE MÊME TRAJECTOIRE, LE MONDE SE PORTERAIT BEAUCOUP MIEUX. La cause de toute injustice ou de tout déséquilibre qui perdurent dans notre monde n’est pas au niveau des personnes qui ont payé, mais au niveau de ceux qui ne payent pas et/ou qui ne comptent pas arrêter de donner des coups. C’est par là, que devrait être dirigé l’objectif de la caméra…

Plusieurs éléments m’ont interpellée, déçue, parfois choquée dans ce reportage, je vais en « contre-attaquer » quelques-uns avec comme intentions mon désir et mon engagement de ne pas laisser juste passer ces tirs, si facilement, de m’exprimer en tant qu’être sensible et passionnée et de jouer en direction du but d’un monde meilleur.

ON COMPTE « LES ANNÉES DEPUIS VILNIUS » MAIS ON NE DONNE TOUJOURS PAS NAISSANCE AU VRAI COMBAT…

C’était dans l’énoncé de l’émission : « les violences faites aux femmes sont en constante augmentation, M6 a mené une enquête exclusive sur le cas Cantat… ». Est-ce une défaite que vous annoncez ? Je ne comprends pas le raisonnement qui pousse à revenir sur un cas qui date de seize ans et qui est passé dans les mains de la justice alors que le vrai problème est au niveau de tous ces cas qui « fuient » et restent insaisissables par l’institution judiciaire. On trouvera toujours plus d’horreur dans l’horreur. Ce n’est pas un défi en soi, rien de glorieux, c’est facile et ça ne mobilise en tout cas pas l’intelligence humaine. C’est juste une façon « efficace » pour ne pas se poser les bonnes questions, celles qui gênent et dont les réponses guideraient vers les vraies causes responsables des dérapages humains. Atteindre cette compréhension, c’est donner naissance au vrai et juste combat. Passer à côté, c’est afficher un manque de courage pour aller identifier et faire face à ce dénominateur commun aux déviances, un ingrédient servi chaque jour par la société. Cela revient à masquer lâchement la non efficacité de la prétendue lutte actuelle et d’y trouver « son compte » dans une telle action.

Ce n’est qu’une orientation tournée vers le profit et la perversité qui ont pu motiver la création et la diffusion d’un tel documentaire

Si vous voulez poursuivre dans cette direction, votre émission « scandaleuse et qui viole le principe du secret judiciaire » est déjà prête pour demain. On reprend les mêmes et on recommence…, dans un an, dans dix ans, dans cinquante ans… ça sera identique, ce qui a été « moche, malheureux et fatal » en 2003, le restera, en 2030, en 2050, en 2080…

Vilnius n’a pas apporté « la clé de lecture manquante » pour expliquer ou comprendre la problématique de la violence possible chez les êtres humains. Oui, l’Homme peut perdre son contrôle, l’Homme peut commettre l’irréparable et ce, depuis que le monde est monde. Ce soir-là, la mort a répondu « présent » pour un des deux, peut-être s’est-elle dit : « si je prends les deux, vous n’en tirerez pas une bonne leçon… »

Nos enfants sont le moteur

Qu’est-ce qu’on aimerait que nos enfants et petits-enfants racontent de nous dans cent ans par rapport à la lutte contre les violences faites aux femmes, les abus et à l’évolution de l’humanité ? Ne serait-il pas merveilleux de leur laisser un documentaire qui racontent comment la violence a été combattue en début de siècle grâce à l’activation d’une intelligence humaine ? Imaginer un tel documentaire peut donner quelques bonnes pistes à explorer…

Vous pouvez poursuivre comme but de mettre à terre Bertrand Cantat, peut-être allez-vous y arriver ? Je ne l’espère vraiment pas. Je me demande ce qu’indique votre « décenceomètre » ? Ce qui est certain, il n’y a aucune lutte efficace contre les violences conjugales en allant dans ce sens-là.

METTRE CE CAS SUR UN PODIUM DÉROULE LE TAPIS À TOUS CES CAS QUI NE FONT PAS DE BRUIT

La manière dont cette histoire tragique est sublimée en fait « la meilleure amie » de tous ces autres cas qui se déroulent sans gêner personne et bien sûr, sans représenter un intérêt quelconque pour les médias.

C’est un énorme dérapage, celui de faire du cas Trintignant-Cantat « le champion des cas » de violences conjugales. Il est peu utile puisqu’un certain nombre de paramètres étaient liés – à mon sens – à leur Vie de célébrités. La plupart des gens concernés par les violences conjugales n’ont pas accès à ce mode de vie. C’est encore une fois un luxe lâche de s’acharner sur ce cas – jugé depuis 15 ans –  car il laisse les autres dans un silence…mortel.

Alors quand j’entends Marlène Schiappa  – qui au passage, voir un membre d’un gouvernement participer dans un documentaire qui diffuse de la haine est tout à fait étonnant et inquiétant…-, ou Lio analyser les caractéristiques d’hommes et de femmes ayant été impliqués dans des conflits de violences conjugales, me donne l’impression que le problème est saisi du mauvais bout. Sans me positionner comme experte, mais quand même avec un certain parcours, je ne voudrais pas être décourageante ou rabat-joie, je crois qu’il va falloir compter autant de profiles, de caractéristiques que quasi de cas ou de situations, et que à chaque fois qu’il faudra faire correspondre un cas à un profile, un autre se sera créé et ainsi de suite… C’est une course sans fin, la diversité des situations n’a pas de limite et on ne peut pas maîtriser cet aspect-là. Sinon, on serait déjà capable de les empêcher ou du moins réduire leur nombre. La tendance est bien inversée. Par ailleurs, on entend souvent dans les témoignages, quels qu’ils soient : « jamais, j’aurais pu m’attendre à ça » « je ne pensais pas que ça pouvait aller jusqu’à là » etc. Mesdames, merci pour les caractéristiques, mais évidemment que c’est le côté sombre de l’être humain qui réalise dérapage. Oui, le côté sombre de Bertrand Cantat est sombre, mon côté sombre est sombre, le côté sombre de la société est sombre… Ne faudrait-il pas plutôt se poser la question de quels profils ou quelles caractéristiques d’un être humain pourraient gêner un dérapage ? Quel serait son pire ennemi ? Comment l’encourager ? De cette façon, on prendrait le problème par le fond.

J’ai entendu Maître Kiejman décrire Bertrand Cantat comme « un homme ordinaire au comportement monstrueux », alors je vous demande : connaissez-vous un cas de violence, fatale ou pas, au sein d’un couple qui s’est déroulé de façon « classe et non monstrueuse » ? Je me sens « horrible » lorsque j’écris cette question et je vous en veux de me procurer ce sentiment. Si vous connaissez un tel cas, je demande à voir le documentaire. Le pire dans tout ça, est que cela pourrait insinuer – c’est mon sentiment – qu’il y aurait eu une espèce de « tolérance » si le curseur sur l’échelle de monstruosité avait été juste à côté… Il y a là un message terrifiant – à mon sens – adressé à la société et à toutes les personnes qui dévient ou qui sont sur le point de dévier.

Le but n’est pas de classer un acte terrible sur une échelle de valeurs, ça ne servira pas la lutte, une fois de plus, mais de comprendre tout ce qui aurait pu l’empêcher.

Lorsque Raphaël Enthoven dit : « …elle avait 13 ans et 9 mois », sous-entendu, c’est plutôt 14 ans, à deux ans de la majorité sexuelle, ce n’est pas si grave que ça… Çà m’a choquée. Le philosophe Raphaël Enthoven est déjà dans le double-abus lorsqu’il évoque le cas de cette façon, car il minimise un ressenti auquel il n’a pas accès, ça ne lui appartient pas et ce n’est certainement pas à lui de définir ce que cette jeune femme a pu ressentir au moment des faits.

LE RETOUR DE BERTRAND CANTAT SUR SCÈNE : QUEL MESSAGE EST DONNE AUX BOURREAUX ?

Lorsque nous sommes dans le cas d’une personne qui a commis une faute, l’a reconnue, purgé la peine infligée, une fois libérée, c’est un droit de reprendre sa vie là où elle était restée. Que sa vie soit la scène, le garage, un bureau… Au nom de quoi la société devrait intervenir à ce sujet ?

En revanche, un autre point est beaucoup plus gênant. Lorsque nous continuons d’entendre le descriptif détaillé – variable en fonction de qui l’émet – sur le déroulement de la dispute, le nombre de coups etc. a directement un impact sur toutes les personnes étant peut-être sur le point de faire le pas pour sortir de leur souffrance. En sublimant le cas Vilnius, en le présentant avec « des chiffres », les femmes ou hommes qui cherchent à s’en sortir vont forcément être amener à se comparer, à comparer leur réalité, leur souffrance avec celle qu’ils peuvent lire dans les médias. Il n’y a rien de pire pour une personne prête à faire ce pas de se sortir de sa souffrance de l’amener à se dire : « est-ce que vraiment ma souffrance est légitime » ? « Ai-je raison de faire ça »?

Tant que le bourreau est pointé du doigt, la victime l’est aussi, deux étiquettes qui empêchent, autant l’une que l’autre, la résilience et la possibilité de se réapproprier sa propre Vie.

Il n’y a absolument aucune volonté de faire du bien ou de servir la lutte lorsqu’on avance certains propos, le seul but que vous atteignez et celui de maintenir et renforcer la haine envers un seul être humain.

C’est clair ! Contre les violences conjugales, le message devrait être : un coup est un coup de trop. Les enfants, on ne les touche pas. Les mineurs, on ne les drogue pas, on n’abuse pas d’eux/d’elles. Tous sont des déviances et dérapages très graves et le travail d’une société devrait être celui de comprendre la problématique de fond pour l’attaquer au bon niveau et réduire, voire éliminer le nombre de nouveaux cas.

***

Alors oui, Bertrand Cantat a commis l’irréparable et il s’est rendu à la justice sans jamais vouloir la fuir. Libéré, ses droits les plus fondamentaux sont bloqués par une société qui prétend lutter contre les violences et expliquer la décence en écrasant cet homme. Son droit est de pouvoir cultiver autant que possible l’envers de ce dérapage dans son cœur, dans sa vie, en tant qu’homme-artiste ayant retrouvé sa liberté. Ce geste de 2003 n’a pas supprimé qui il était avant, un homme engagé, un homme talentueux, un homme qui a attiré la lumière. Évidemment que certaines personnes vont réfléchir en se disant que désormais il n’est plus que ce « geste » et ne vont plus adhérer à sa valeur et c’est tout à fait compréhensible, chacun est libre. Mais tout un monde est là pour encourager tout ce qu’il sait être de bien afin qu’il continue à le cultiver et à le donner, en allant le plus loin possible. C’est son droit le plus fondamental.

Il y a toujours de l’amour dans le monde de Bertrand Cantat, un amour entre lui et son public, et il n’existe aucun amour à jeter sur cette terre.

UNE CONCLUSION, UN PARADOXE

Une société qui veut défendre les droits humains, dont elle est fière et se porte garante, mais qui ne parvient toujours pas à trouver en elle cette dimension pour les respecter et les appliquer est une société qui préfère lâchement régresser plutôt que de faire face à sa possible grandeur.  

A l’autre bout du lynchage médiatique existe une société capable de souhaiter à ses membres – circulant libres – de « se faire aimer pour ce qu’ils ont de bien et mieux en eux. » C’est le seul chemin vers une meilleure humanité.

Il reprend son travail là où il l’a laissé, c’est son droit le plus fondamental…

Au nom de quoi pouvons-nous empêcher un être humain de faire sa part de bien pour ce monde ? Quel être humain sur terre peut dire que la valeur d’un autre ne compte plus ? Certaines peuvent ne plus adhérer à la valeur d’une personne, et je comprends ça. Mais cette même valeur, vue sous un autre angle, continue d’être utile pour le monde.  

La face « pire » de Bertrand Cantat est consumée, réalisée, plus rien ne passerait ou ne serait admis. C’est clair. En revanche, il a bel et bien cette face qui sait faire beaucoup de bien à des millions de personnes et ce n’est pas à prouver. C’était déjà là, avant. Il reprend son travail là où il l’a laissé, c’est son droit le plus fondamental. C’est le seul moyen de cultiver, sans limite, l’inverse de ce dérapage dans son cœur, dans sa vie, sachant qu’il ne pourra jamais l’égaler dans les mêmes proportions. Nous sommes d’accord. Mais il peut aller le plus loin possible dans cette direction, pour son bien et celui de son entourage. Seule l’hypocrisie d’une société pourrait barrer cette route. Une société qui prétend œuvrer pour le bien alors qu’elle empêche le meilleur de ses membres et qui nourrit, par la même occasion, « haine, mépris et frustration », les sentiments déclencheurs de déviances.

Laisser Bertrand Cantat poursuivre sa route vers ce qu’il est de mieux lui permet de gérer sa souffrance tout en faisant autant de bien que possible, à partir de « ici et maintenant ». Que demander d’autre à un être humain libre dans cette société ? Quel autre défi lui lancer ? C’est la valeur qu’il peut apporter à ce monde, cette valeur est précieuse. Cette face n’est pas condamnable et ne peut pas être condamnée. Au nom de quoi pouvons-nous empêcher un citoyen de faire sa part de bien pour ce monde ? Son métier d’artiste le met en lumière, certes, et je peux bien concevoir que cela crée un certain malaise. Libre à chacun de participer ou pas à son succès. Cette lumière est la réponse à son immense talent. Cette lumière, il la partage avec un public présent, heureux qui pourrait difficilement s’attendre à recevoir plus de la part de l’artiste qu’il aime. Au même temps, cette lumière agit un peu comme une « caméra de surveillance ». Tout le monde sait qui est Bertrand Cantat, tout le monde est au courant de sa « terrible et irréparable erreur ». Ceci rend définitivement chacun de nous libre et responsable de se situer face à son travail d’artiste. Chaque point de vue est légitime, et c’est juste ainsi. Toutefois, fermer la porte à l’expression de Bertrand Cantat ne va en aucun cas embellir ou donner meilleure allure à ce monde. Le grand danger, pour la société et les futures générations, c’est de faire croire qu’en agissant ainsi nous luttons réellement contre les violences et les abus en général. Sommes-nous sur cette voie ? J’en doute. La société devrait se poser des questions plus courageuses et honnêtes pour comprendre en quoi elle contribue à son propre dysfonctionnement – de façon volontaire ou involontaire – et idéalement, retirer sa contribution… Tant que cette prise de conscience n’a pas lieu complètement, nous continuons « d’applaudir » les parties prenantes qui rendent possible ce dysfonctionnement.

Tout autre citoyen qui aurait commis le même dérapage que Bertrand Cantat passerait de façon incognito dans la société. Nous pourrions également aimer, encourager, une de ces personnes, un jour ou l’autre, sans, par contre, tout connaître de sa vie. Bertrand Cantat n’est pas un fugitif et n’a jamais contesté ce qui lui a été demandé de payer. Sa vie est exposée. Qui peut à partir de là imposer une toute autre loi ou une extension de loi qui le condamnerait à rester dans un coin ? Son cas a été géré par la justice, contrairement à d’autres qui ne le seront jamais, il est libre de se reconstruire, de repartir dans sa vie, avec uniquement de bonnes intentions. S’il y a au sein de certains mouvements populaires la volonté sincère de rendre ce monde plus juste et plus équitable, en défendant de bonnes causes, alors « go » pour cette mission. S’acharner sur une seule personne – qui a purgé sa peine et qui ne plus faire de faux pas – c’est un luxe qu’on ne peut en réalité pas s’offrir. Le temps presse. Il y a un choix à faire.

Ne pas retirer les moyens à une personne afin que celle-ci puisse gérer sa souffrance et accorder une place à tout le bien qu’elle peut apporter est de toute évidence le seul chemin qui puisse rendre meilleure cette humanité. Une société qui ne parvient pas à trouver en elle cette dimension lui permettant de faire valoir ces qualités humaines est une société qui tue…lentement mais sûrement.  

Documentaire

Pétition

https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/lettre-ouverte-franck-riester-ministre-culture/75032?fbclid=IwAR39dvSW0OlySZrqgFz-yCsmOdfC2_lthsxsaS5LoiFBY1tSTpp1m9flXM0

Bertrand Cantat, une histoire humaine. Que faire si pas encourager ce qu’il reste de mieux ?

Loup Chocolat est cette idée d’un monde qui encourage ce que chacun peut faire et être de mieux. Prendre conscience de nos forces antagonistes et trouver par quelle combinaison nous nous rapprocherons le plus de notre grandeur afin de mettre ce « trésor » au service d’une évolution positive de l’humanité.

J’ai récemment rejoint le Forum ainsi que le Comité de soutien Bertrand Cantat sur Facebook. L’histoire de Bertrand Cantat résonne et fait appel à ce monde que j’idéalise et qui soutient ce droit à la reconstruction et à pouvoir repartir. Tant que la Vie est là, la possibilité de donner ce qu’on a de mieux l’accompagne.

Le Forum ainsi que le Comité de soutien sont menés par des personnes prônant la liberté d’expression. J’apprécie l’œuvre de Bertrand Cantat aujourd’hui sans avoir été fan, auparavant, de Noir Désir. Je suis pour que son œuvre puisse, dans la forme que lui choisira de lui donner, continuer à faire du bien.

Je partage volontiers le texte que j’ai posté et dans lequel j’expose mon point de vue et ma sensibilité. De manière plus générale, c’est de dire que ce n’est pas en voulant empêcher l’expression d’un artiste que nous avancerons dans la bonne direction. L’expression elle-même contient « l’arme » dont nous avons besoin pour combattre les injustices et mener nos batailles, celle qui transforme les gens en êtres humains meilleurs.

Au plaisir de dialoguer

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JE N’AI PAS REJOINT LE FORUM ET LE COMITE DE SOUTIEN BERTRAND CANTAT PARCE QUE J’ÉTAIS FAN DE NOIR DÉSIR…ET TENAIS A LE PARTAGER

Personne n’est venu sur terre pour accomplir un parcours sans faute et nous appartenons tous à cette catégorie d’Êtres humains pouvant déraper à tout moment…

Je fais le vœu pour que ce monde ne soit pas privé de tout le bien que Bertrand Cantat nous fait partager par le biais de son art. Ça serait vraiment dommage de passer à côté. Seul Bertrand Cantat connaît la juste décision. J’ai confiance en cette décision, celle avec laquelle il se sentira bien, tout simplement. Au final, c’est là l’essentiel. Quelle que soit la direction qu’il prendra, il ne peut que se rapprocher de ce qu’il a de mieux, toutes les autres possibilités s’étant évanouies.

Ce forum est vraiment spécial et très accueillant. Je l’aime beaucoup. Je ressens que la plupart des membres connaissaient très bien Noir Désir, suivaient Noir Désir. Pour ma part ce n’est pas par cette route que je suis arrivée là…

A l’époque, j’appréciais lorsque ça passait à la radio, ça me rappelle quelques soirées, des ambiances, des camarades. Je n’ai pas eu l’occasion de voir ce groupe en concert, une sorte de grande frustration aujourd’hui 🙁 c’est comme ça. C’est en entendant parler de Bertrand Cantat en tant qu’artiste devant se reconstruire que je l’ai vraiment découvert et rencontré à travers son art et également en tant qu’être humain face à un grand défi. Si on pense que la Vie ne nous met que dans des situations en phase avec notre capacité à les gérer, ça peut en effet être impressionnant lorsqu’on pense à Bertrand Cantat.

J’apprécie beaucoup sa musique depuis un petit bout de temps, je l’écoute quasiment quotidiennement, à des doses plus ou moins variables et ça me fait un bien incroyable. Irais-je le voir en concert ? Oui, c’est sûr, dès que l’occasion se présentera.

Avec tout ça, mon intention est juste de dire et de souligner que les choses peuvent aussi se passer dans cet ordre-là au sein de l’humanité que nous sommes. Le droit à cette reconstruction, à un nouveau départ, à faire vivre ce qu’on a de mieux en soi touche le cœur et le fond de mes valeurs et d’un monde humaniste que j’idéalise – assez naïvement par ailleurs. J’aime voir les choses sous cet angle de vue, ça permet d’entrevoir un espoir et quelque chose d’utile qui peut servir l’évolution de l’être humain. La force d’une histoire humaine est qu’elle peut en impacter une autre, juste parce qu’elle est comme elle est, déclencher de bonnes choses et ainsi de suite…

Bertrand Cantat n’est pas un fugitif. Bertrand Cantat a cette capacité – grâce à ce talent immense – de pouvoir emmener son public dans des zones très profondes de notre monde intérieur que nous avons besoin de découvrir, de rencontrer, de comprendre pour se sentir mieux ensemble, ne plus craindre… C’est précisément – et ça peut sembler paradoxal – ce qui peut aider l’être humain à ne pas dévier. C’est mon sentiment et je l’assume. Sommes-nous experts de ce que nous n’avons pas été parce que nous le sommes déjà en réalité ? Ceci-dit, je n’ai aucun doute quant à la fibre humaniste, généreuse et sociale de Bertrand Cantat.

A l’heure où j’écris ce message, circulent dans ce monde toutes ces personnes qui donnent et continuent de donner des coups minutieusement, sans avoir l’intention d’arrêter. La plupart d’entre elles ne payera pas. Cette réalité est la principale cause des injustices, des déséquilibres de ce monde, c’est la chaîne de l’égoïsme organisé, du profit et de l’abus de pouvoir dans tous les domaines… Beaucoup de factures restent impayées.

A toutes ces personnes – non légitimes – qui tentent de dissuader ou de culpabiliser d’autres personnes qui ont choisi d’aller voir, écouter et applaudir Bertrand Cantat, j’ai envie de leur demander : Comment pouvez-vous avoir la certitude que, aujourd’hui ou demain, vous ne serez pas en train de féliciter ou de célébrer une personne impunie ? Les probabilités sont bien réelles. Mais ça ne veut pas dire que cette personne ne mérite pas vos félicitations.

Nous pouvons aimer Bertrand Cantat – parce qu’il y a plein de bonnes raisons pour le faire – et être contre les violences et abus de tous genres. C’est une évidence.

En revanche, œuvrer pour censurer l’expression d’un artiste en prétendant que ça peut aider à combattre les violences conjugales, me fait plutôt penser à un « auto-goal »…

Je ressens une compassion profonde et sincère pour toutes les personnes qui ont été blessées de façon définitive par ce chapitre qui a atteint l’irréparable, et comprends tout à fait que leur chemin soit composé par d’autres sentiments et je respecte entièrement ceci.

De mon point de vue, et en phase avec ma propre traversée, je tiens à défendre l’idée que poursuivre vers ce que nous avons de mieux avec comme condition de porter notre valise doit rester un droit tout comme un devoir. Les grandes épreuves peuvent souffler de grandes inspirations, je souhaite à Bertrand Cantat de continuer de ne pas avoir peur de la route et de saisir – cette fois – ce que le vent lui apportera. 🙂

Il a semé LE BIEN dans l’infini et nous permet d’en extraire jour après jour force et courage pour poursuivre le chemin vers une meilleure humanité.

Nous avons tous des personnes qui nous ont influencés positivement par le biais de leurs idées, leurs travaux, leurs origines, leur attitude, leurs valeurs, leur histoire, leur combat. Dans cet article, j’aimerais remercier un Grand Homme dont je ne me lasse jamais de (re)découvrir toujours plus son histoire.  Il est la fierté et la beauté de la Sicile et des siciliens. Un exemple pour la planète.

Il y a quelques jours, Giovanni Falcone a été commémoré. Après 27 ans, il reste un héro, avec son collègue et ami d’enfance Paolo Borsellino et tous les membres de cette équipe EXTRAORDINAIRE, qui continue de nous servir force et courage à travers l’exemple qu’elle a été.

« Rendre Palerme aux gens honnêtes » voilà le rêve que Giovanni Falcone poursuivait, un droit qu’il revendiquait, coûte que coûte. Il était manifestement sur la bonne route – sauf ce 23 mai 1992 – où la barbarie du crime organisé a atteint un sommet pitoyable avec un attentat employant 500kg d’explosifs destinés à éliminer ce grand magistrat, si gênant. Un magistrat humilié, isolé, écrasé même par ceux censés aller dans son sens. Un magistrat « envié » malgré sa vie qui n’en était plus une, car nul homme ne pouvait égaler sa lucidité, son intelligence et son courage. Il a réussi à mettre de la lumière là où la « pire version de l’être humain sur terre » tenait à l’obscurité. Il a instruit le plus grand procès de tous les temps avec 457 accusés. Il savait que la clé était dans la reconstitution des liens, comprendre les liens. Maître de son art, il y parvenait avec brillance. Il a œuvré avec une capacité hors norme, une capacité qui a bouleversé – bien au-delà de l’Italie – les organisations mafieuses.

Ses grandes idées restent et ne pourront jamais mourir. De plus en plus de personnes le savent et choisissent de suivre cette voix-là. Ça, c’est la vraie arme contre tous les abus de pouvoir.

Giovanni Falcone est pour moi – et pour des millions de personnes – une source d’inspiration inépuisable. Si l’être humain est capable de tels accomplissements alors le meilleur de nous est encore possible. Faire vivre le meilleur de nous est une décision à prendre.

Le plus beau dans cet histoire est qu’aujourd’hui des jeunes – alors, même pas nés – sont les premiers à être fiers de ces deux héros et décident de suivre leur travail. Les deux collègues et amis ont réveillé de façon définitive « le bien » chez l’être humain et avec ça, l’espoir. L’espoir de donner comme alternatives aux nouvelles générations la possibilité d’utiliser le meilleur de leur force pour combattre et éliminer les injustices et inégalités.

Giovanni Falcone, 500kg d’explosifs t’ont éteint, mais tes idées continuent de nous éclairer. MERCI ! GRAZIE GRANDISSIMO GIUDICE !

Le Bonheur

Voilà un aspect qui constitue une part principal de l’histoire de Loup Chocolat. En 2006, année du lancement de Loup Chocolat, ce n’était pas encore très répandu de parler du bonheur comme un élément clé pour un monde meilleur. La vision de Loup Chocolat : Pour un monde libre d’être responsable et créateur de son bonheur.

Peu importe où l’on se trouve dans notre vie, agir dans cette direction est une voie qui doit rester libre. Tant que la vie est là, le bonheur en fait partie. Il est en nous. Il apparaît, disparaît, il évolue, demande autre chose, grandit, change, devient simple ou ambitieux. Il se cache encore et revient. Il est en vie. Malgré les épreuves que nous traversons, il tentera par tous les moyens de manifester son existence dans la nôtre. Il crie, il hurle. L’entendons-nous ? Il est à nous pour un moment, il nous est prêté pour un temps que nous ne contrôlons pas. Il aimerait tant nous rejoindre 🙂

C’est aussi lui le plus fort. Il est la meilleure arme contre toute forme de manipulation, d’abus de tous genres, de tricherie, de corruption. Ça semble une évidence, le plus il y aura de gens heureux, le plus le monde se portera bien. Nos décisions seront meilleures. C’est « fou » d’imaginer de ne pas aller dans cette direction. C’est quoi la crainte derrière ? Il y en a une, forcément… Peut-être la crainte de l’ouverture, de la grandeur de l’être humain, de l’expression du cœur. Peur d’être seulement heureux ? Si les autres ne suivent pas, que faire en tant qu’heureux seul ? Beaucoup d’entre nous pouvons percevoir ce choix comme inaccessible, comme un geste hors de notre portée, alors qu’il s’agit justement de se rapprocher de cet être au fond de nous, qui a déjà choisi la VIE, la nôtre. Ce n’est pas un étranger, nous l’avons juste déguisé mille fois pour éviter qu’il n’apparaisse vrai, authentique et unique. Faire le choix d’aller le retrouver comporte une récompense : la route est déjà du bonheur.

Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu’il réside dans la façon de la gravir.~Confucius

A l’époque, lorsque j’ai lancé Loup Chocolat, j’avais été inspirée et touchée par le Royaume du Bhoutan et par leur choix d’avoir remplacé le PNB (Produit National Brut) par le BNB (Bonheur National Brut). Le roi avait défini que c’était avec des gens heureux que son pays pouvait s’améliorer. Des gens conscients de leur degré de bonheur et conscients qu’à tout moment, ils peuvent agir sur cet état. Beau !

Ayez confiance, au fond de vous, ce n’est que du bonheur!

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