En Suisse, le plurilinguisme nous tend une main vers une meilleure cohésion sociale

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En Suisse, le plurilinguisme nous tend une main vers une meilleure cohésion sociale et une meilleure connaissance de l’être humain

JE PARTAGE AVEC PLAISIR UNE EXPÉRIENCE DEVENUE UNE SOURCE D’INSPIRATION…

L’autre jour, ma fille, tranquille, me dit :

  • Maman, aujourd’hui, j’ai fait ma première dictée en allemand…
  • Ah bon, tu savais que tu devais la faire ?
    Non, la maîtresse m’a demandé si je voulais essayer, j’ai dit, Warum nicht…

Vivant actuellement à Zermatt, ma fille (9 ans) est dans une école germanophone depuis le début de l’année scolaire. Elle avait zéro connaissance à ce moment-là…

Sa phase « boule au ventre » en allant à l’école est loin derrière. Aujourd’hui, le souvenir de ce camarade qui lui dit pour la première fois « Du machst gut » est ancré dans sa mémoire, elle prend aussi plaisir à corriger ma prononciation… )) Elle n’oubliera probablement jamais cette première dictée en allemand qui ne s’est pas mal passée du tout, bref, plein de signes positifs émergent et ils sont tous bienvenus et tellement précieux.

Nous sommes au tiers du deuxième semestre, l’assurance, l’aplomb, la fierté d’une évolution ont pris la place de la crainte ou la peur de ne pas comprendre, de ne pas y arriver.

Je salue encore une fois l’évolution de l’école qui propose des solutions qui portent leurs fruits à l’égard des élèves allophones. Il est évident que l’envie de participer, la curiosité, le plaisir d’apprendre, avoir des objectifs, un environnement familial et social (de préférence) encourageants représentent également des conditions ciné qua non pour permettre à l’enfant de relever son défi et/ou de vivre au moins une bonne expérience.

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Ce vécu devient une vraie source d’inspiration. Une inspiration qui me ramène à cette grande valeur de la Suisse, à savoir, son multilinguisme. Selon mes propres souvenirs – peut-être que les gens de ma génération seront d’accord avec moi – l’arrivée de l’allemand dans le programme scolaire romand n’était pas présenté comme une richesse du pays mais plutôt le « fardeau », « bonjour les soupirs, les moments difficiles »… 🙂 Pourtant, si ce multilinguisme est bel et bien une richesse, ce n’est certainement pas par hasard, il cache peut-être effectivement un trésor qui pourrait servir le bien-être et la cohésion sociale.

La liste des bienfaits est longue, très longue… En voici quelques uns, ceux auxquels j’ai pensé en premier :

POUR QUAND UNE ÉCOLE PRIMAIRE BILINGUE PARTOUT EN SUISSE, DES LE DÉPART ?

L’ESTIME DE SOI
L’estime de soi est une chose fragile, subtile qu’il faut penser à protéger dès le commencement de cette existence. Renforcer la confiance en soi, apprécier le goût de l’effort, développer la capacité à s’adapter, trouver en soi ce courage pour s’exprimer, pour se lancer, se jeter à l’eau comme on dit, faire entendre sa voix, viennent solidifier ce pilier important, un vrai allié lorsqu’il s’agit de maintenir un équilibre personnel. Une école primaire bilingue contribuerait sans aucun doute à aller vers cette direction.

L’OUVERTURE DU MONDE ÉMOTIONNEL ET DÉVELOPPEMENT DES APTITUDES SOCIALES
Faire de l’ouverture aux autres cultures une normalité quotidiennes, un simple geste. C’est un art qui prend racine et se cultive dans le monde intérieur, là où précisément poussent les plus belles récoltes d’une vie humaine.

UN DÉFI QUI SCULPTE ET RESTE UNE FORCE POUR L’AVENIR
On se souvient de ce qui a été surmonté en tant qu’enfant, d’un désespoir que nous avons transformé. Comment on arrive d’une note suffisante à une bonne. L’expérimenter une fois signifie savoir que le chemin existe. On peut y revenir à chaque fois que c’est nécessaire.

C’EST AIMER CE PAYS, SON PLURILINGUISME, LE PORTER AVEC FIERTÉ
Cette richesse ne peut se garder et accroître sa valeur que si elle est véhiculée naturellement par les gens qui habitent ce pays. L’image de la Suisse valorisée, d’abord, de l’intérieur. « Une présence suisse en Suisse. »

LA PAIX, L’ALTRUISME, CE QUI N’EST PAS RIEN EN TERMES DE VALEURS AJOUTÉES…
Utiliser nos moyens pour parvenir à la compréhension lors de tout échange, c’est chercher la paix sociale, la reconnaissance de l’autre. La paix, l’altruisme conscient et constructif,seraient les grands gagnants du jeu! Je trouverais très rassurant pour un pays de se dire que cet « encouragement » devient une branche scolaire, égale à une autre.

La liste peut s’allonger encore…

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« ÉGALITÉ, UN MOT MAÎTRE, UN CHEF DE FILE »

On parle beaucoup d’égalité (diversité, inclusion etc), c’est un gros titre tous les jours dans les médias, les réseaux, les entreprises… J’aurais assez envie de lui donner une place à l’école afin de le mettre en lien avec les « branches enseignées ».

« JE SUIS PERSONNELLEMENT POUR L’ÉGALITÉ DES BRANCHES A L’ÉCOLE. PEUT-ÊTRE QUE CERTAINES MÉRITENT D’ÊTRE RECONNUES ET OFFICIALISÉES. JE PENSE QUE LA CONNAISSANCE DE L’ÊTRE HUMAIN EST TOUT AUSSI IMPORTANTE QUE L’APPRENTISSAGE DES MATHÉMATIQUES. LES LANGUES SONT ET RESTENT UNE JOLIE CLÉ DE LECTURE POUR DÉCOUVRIR QUI NOUS SOMMES. »

L’école représente un bon tiers de la vie durant au moins 12, 15 ou 20 ans de notre existence. Et parfois même plus. Redéfinir certaines priorité quant à l’utilisation de ce temps constituerait une belle piste de réflexion. Ne faudrait-il pas profiter de cet âge durant lequel la facilité à assimiler est comme une pierre précieuse que nous tenons dans notre main ?

Les langues permettent de découvrir des textes, des lectures, des poèmes, des jeux, des nouvelles passions, des hommes et des femmes qui sont passés par-là avant nous. Dans quel pays si pas en Suisse, ne devrions-nous pas opter pour des écoles primaires bilingues dès le départ ? Imaginez…

  • Choisir deux langues parmi les trois principales…,
  • Favoriser des échanges d’au moins une année scolaire —> – faire volontairement l’expérience d’être un élève allophone,
  • L’intégrer dans une démarche artistique, sportive etc

    Des idées de formules ne manqueraient pas… Et puis, il y a déjà des lieux parfaitement bilingues, je pense à Bienne notamment, ça existe, c’est possible…

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MAIS QUI SERAIENT LES PERDANTS DANS TOUT ÇA ?
Les perdants – ou ceux qui perdraient du terrain – sont la violence, la haine, les mauvaises intentions, les frustrations, l’isolement, l’exclusion, les déviances, les dérapages, les rixes entre jeunes… Il ne s’agit pas d’ignorer tous ces aspects de ce monde ou de jouer aux anges, justement pas, le pire et le mal resteront toujours une des facettes de notre civilisation. Mais en encourageant les possibilités inverses, ça permettrait à des êtres en devenir de se sentir capables, libres et responsables de choisir ces autres moyens d’expression, ces autres voies : une voie constructive, une voie évolutive pour eux-mêmes et pour la société. La meilleure des raisons pour favoriser cette prise de conscience est que ce sont ces mêmes êtres humains qui guideront le monde, tout soudain. Une telle « transformation » pourrait constituer un sacré gain à mettre dans tous ces bagages.

En y réfléchissant bien, la seule question que je me pose encore est « Pourquoi ça n’existe pas déjà ? »

Qu’en pensez-vous ? Y voyez-vous aussi un intérêt à ce que ce capital suisse devienne plus accessible afin que nos enfants puissent en tirer un bénéfice dès leur plus jeune âge ?

En Suisse, le plurilinguisme nous tend – selon moi – une main pour aller vers une meilleure connaissance de l’être humain. Par conséquent, un mieux-vivre ensemble. Je pense que dans chaque pays, il y a une main tendue qui n’attend que d’être saisie !!

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